Le 31 janvier, j’ai eu l’honneur de co-présider les 26èmes rencontres de l’épargne et de l’investissement.

Je suis intervenu sur le thème : « Quelles solutions pour une épargne productive ? ».

Je vous remercie de votre invitation. Le problème européen est le manque de circulation de l’épargne (notamment française et allemande) en direction des pays qui en ont besoin. L’union bancaire est instaurée avec le système de surveillance et avec le système de résolution. Mais le système de garantie des dépôts n'avance pas, au-delà de la simple mutualisation, tandis que l’autre volet, l’union des marchés de capitaux, n’avance pas non plus. Au début du mandat de l'actuelle Commission européenne, un commissaire britannique avait lancé plusieurs idées en la matière, et notamment, celle de la titrisation. Mais la titrisation n’a pas très bonne presse, car elle est restée liée dans la mémoire des épargnants aux événements américains de 2007/2008. Il faudrait pourtant développer un système de titrisation simple, sûr et transparent.

D’autres propositions avaient été émises, entre autres celle de simplifier l’ensemble des informations que les PME doivent mettre à la disposition du public quand elles veulent lever des fonds. Cette proposition est en voie de discussion.

La Commission européenne a évoqué l’éventualité d’une création de fonds d’épargne retraite individuelle. Tant que le système restera individuel, avec une capacité et une fiabilité européennes, il permettra peut-être de faire circuler l’épargne. Une épargne salariale avec un passeport européen répondrait aussi à ce besoin.

Clôture des Rencontres

La stabilité législative ne sera pas d’actualité cette année, la machine législative risque de repartir de plus belle dès le mois de juin sous l’impulsion du futur gouvernement. Nous pouvons juste espérer que cette activité soit limitée, et qu’elle aille dans le bon sens.

Les niches fiscales recèlent plus de 70 milliards d’euros en France, mais dès que le législateur cherche à les remettre en cause, il est contraint de les modifier à la marge, soit sous l’effet des groupes d’intérêts, soit parce que cela correspond à une orientation politique. Pour ma part, je ne crois pas que cette situation change beaucoup.

En France et en Europe, le système économique est financé à 70 % par le crédit bancaire et à 30 % par le marché financier, et malgré les appels tonitruants à un sursaut du marché financier, nous ne pouvons que constater que les choses évoluent lentement.
Nous disposons d’un grand nombre d‘outils voués à diriger l’épargne vers le financement des entreprises, mais peu sont efficaces. Nous avons tendance à monter des systèmes très compliqués pour des produits très simples, et des audits de cet attirail réglementaire seraient nécessaires.

La France se caractérise par un beau dynamisme de la création d’entreprise, mais dans notre pays elles se heurtent à un plafond de verre lorsqu’elles cherchent à passer dans la catégorie supérieure, ce qui bénéfice ensuite à des financeurs et acheteurs étrangers.

Le modèle du capitalisme rhénan, qui exporte, innove et se repose sur un réseau de financeurs locaux répondant à ses besoins, est intéressant mais il ne fonctionnerait pas en France. De même, le modèle des business angels américain n’est pas transposable en France. Pour ma part, je fonde beaucoup d’espoirs dans le crowdfunding qui se développe vite et devrait être encouragé. Nous devons inventer notre propre modèle.

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