Le 21 décembre s’est tenue la cérémonie de restitution des travaux menés en vue de l’élaboration du plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (PACTE), en présence de Bruno LE MAIRE, ministre de l’économie et des finances, Muriel PÉNICAUD, ministre du travail, Jean-Baptiste LEMOYNE, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, et Delphine GÉNY-STÉPHANN, secrétaire d’État auprès du ministre de l’économie et des finances.

Lancée le 23 octobre dernier, la première phase de consultation du PACTE a été l’occasion pour Éric KAYSER, artisan boulanger et président-directeur général de la Maison Kayser, et moi de réfléchir sur le thème de la conquête de l’international. Nos travaux se sont concentrés sur le développement à l’international des PME. Nous avons échangé avec plus de 140 personnes dans le cadre d’auditions (personnalités qualifiées, fédérations professionnelles, organisations patronales, associations entrepreneuriales, parties prenantes de l’export), d’ateliers thématiques (financement, accompagnement), d’une table ronde à Fontenay-les-Grès (Aube) et d’un déplacement à Milan.

La France totalise 4 millions d’entreprises dont 3,8 millions PME. Parmi elles, seules 125.000 entreprises sont exportatrices sans que ce nombre n’ait évolué depuis 10 ans quand l’Italie en dénombre 250.000 et l’Allemagne 400.000. En termes de montants des exportations, les PME sont sous-représentées et ne sont à l’origine que de 14% des montants exportés contre 32% pour les ETI et 54% pour les grandes entreprises.

Plusieurs freins à l’internationalisation des entreprises françaises ont été relevés à l’occasion de la consultation menée. Ainsi, trop souvent encore, l’internationalisation reste perçue comme l’apanage des grands groupes. Les petites entreprises françaises tentent d’autant moins d’exporter ou de s’implanter à l’étranger qu’elles sont isolées dans cette démarche.

En termes de moyens, deux éléments font principalement défaut aux entreprises françaises, ce qui nuit à leur projection à l’international. Dans le cadre de leurs premières démarches, elles ont du mal à se faire financer en raison de leur surface financière limitée et des risques accrus que représente l’international aux yeux de leurs prêteurs. En outre, les PME ne disposent pas ou peu de ressources dédiées à l’international. Les dirigeants ne sont pas suffisamment formés à ces démarches et la création d’un service export est entravée par le coût du personnel dédié et la difficulté pour une PME à se rendre attractive pour les profils en adéquation.

Enfin, si l’offre publique et privée d’accompagnement des entreprises à l’international est diverse et fournie, elle manque de lisibilité ce qui nuit à son recours par les PME qui ne parviennent pas toujours à identifier les prestations et interlocuteurs pouvant répondre à leurs besoins.

À partir de ce constat, M. KAYSER et moi avons formulé sept propositions principales.

1) Doter la France d’une stratégie qui consisterait à identifier les géographies et secteurs prioritaires pour les exportateurs français. Cette stratégie pourrait être communiquée annuellement lors d’un grand événement dédié à « la reconquête de l’international par les entreprises françaises ».

2) Promouvoir l’internationalisation et le savoir-faire français en exposant et en valorisant encore mieux les produits français à l’étranger et en faisant connaître les PME françaises qui réussissent à l’étranger.

3) Encourager le parrainage entre pairs, le « chasser en meute » et le portage de PME par les grands groupes. Il conviendrait de créer des clubs entrepreneuriaux en région afin de permettre la mise en réseau d’entreprises de taille diverse afin de les encourager à partir ensemble à l’international en mutualisant leurs moyens.

4) Doter les entreprises françaises de ressources humaines formées à l’international. Les chambres de commerce et d’industrie (CCI) et les écoles de commerce pourraient mettre en œuvre un programme de formation des dirigeants. Les PME pourraient bénéficier d’un mentorat d’experts de l’export préalablement formés à l’élaboration d’un plan d’internationalisation et à l’accompagnement de PME. Ce mentorat pourrait être financé à parité entre l’utilisateur et les acteurs publics.

5) Accroître le niveau des compétences techniques en développant des Campus d’excellence. Ces formations supérieures permettront d’expatrier davantage de métiers techniques et artisanaux et feront la démonstration physique du savoir-faire français.

6) Faciliter le financement à l’international des petites entreprises en demandant aux banques un effort particulier pour mettre à leur disposition de petits prêts ou en accordant plus de garanties publiques afin de soutenir leurs premières démarches et en diffusant auprès des PME comme du réseau bancaire privé davantage d’informations relatives aux solutions existantes de financement à l’international.

7) Simplifier l’accès des PME à l’ensemble de l’offre d’accompagnement des entreprises à l’international en rassemblant l’ensemble de l’information afférente sur un même site d’information et d’orientation des entreprises et en créant des guichets uniques sous l’impulsion de la Région associant tous les acteurs de l’accompagnement pour simplifier les démarches des entreprises.

Cinq autres binômes/trinômes ont présenté le fruit de leurs travaux.

  • Création, croissance, transmission et rebond : Olivia GRÉGOIRE, députée LREM de Paris, et Clémentine GALLET, présidente de Coriolis Composite.
  • Partage de la valeur et engagement sociétal des entreprises : Stanislas GUERINI, député LREM de Paris, et Agnès Touraine, présidente de l’Institut français des administrateurs.
  • Financement des entreprises : Jean-Noël BARROT, député MODEM des Yvelines, et Alice ZAGURY, présidente de The Family.
  • Numérisation et innovation : Célia de LAVERGNE, députée LREM de la Drôme, Philippe ARRAOU, président d’honneur de l’Ordre des experts comptables, et Lionel BAUD, président-directeur général de Baud Industries.
  • Simplification : Sophie ERRANTE, députée LREM de Loire-Atlantique, et Sylvain Orebi, président-directeur général de Orientis.

Aux pistes de réflexion formulées par les groupes de travail viendront s’ajouter celles des autres parties prenantes (38 organisations ont formulé pas moins de 980 propositions sur l’ensemble des thèmes).

Les propositions retenues par le Gouvernement feront l’objet d’une consultation publique en ligne du 15 janvier au 5 février 2018.

Il appartiendra ensuite au Gouvernement de rédiger un projet de loi qui sera présenté en conseil des ministres au printemps. Le Gouvernement procédera également à la définition des mesures non législatives (réglementaires ou de droit souple).

Vous pouvez prendre connaissance du dossier de presse en cliquant ici.

La vidéo de l’évènement est disponible ci-dessous :

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