Le 3 octobre, j'ai participé à un débat sur la politique industrielle et l'avenir de notre industrie.

Vous trouverez, ci-dessous, la vidéo et le compte rendu de mon intervention et de la réponse de la secrétaire d’État auprès du ministre de l’économie et des finances, Delphine GÉNY-STEPHANN.

Mme la présidente. La parole est à M. Richard Yung.

M. Richard Yung. Je crois que nous partageons tous ce constat : la France, depuis une bonne vingtaine d’années, a laissé filer sa politique industrielle et, malheureusement, les emplois afférents. Car c’est l’industrie, essentiellement, qui crée les emplois !

J’ai été frappé, lors d’une visite en Italie, il y a quelques mois, de voir comment ce pays avait su préserver son capital industriel, en tout cas dans sa partie nord, avec un réseau d’entreprises industrielles, relevant souvent du capitalisme familial, très actif. Résultat : son PIB d’origine industrielle est probablement deux fois supérieur à celui de la France – pourtant, l’État italien n’a pas mené une politique particulièrement active en la matière. Nous avons donc à nous inspirer de cet exemple.

Quant à nos entreprises, en particulier nos PME, elles se retrouvent aujourd’hui avec des gammes de produits un peu démodés, un peu anciens ; nous sommes peu présents à l’exportation ; notre compétitivité est faible. Il y a donc une action importante à mener.

Madame la secrétaire d’État, j’entends bien que vous développez des stratégies dans de grands secteurs comme ceux des énergies nouvelles ou de la mobilité. En même temps – c’est ce qui motive ma première question –, nous avons beaucoup d’outils en la matière : Bpifrance, l’Alliance industrie du futur, les pôles de compétitivité, etc. C’est un défaut français : on multiplie les outils, avec, à la clé, des problèmes de coordination entre ces outils.

Ma première question est donc la suivante : comment comptez-vous vous y prendre pour établir une stratégie cohérente pour l’ensemble de ces outils ?

Deuxième question, sur l’ouverture des marchés publics, en particulier aux États-Unis : comment procéderez-vous pour faire en sorte que les Américains ouvrent leur marché ?

Troisième et dernière question, sur la politique européenne : la politique industrielle est à l’ordre du jour du prochain Conseil Compétitivité, qui se réunira au mois de novembre. Quelles seront les propositions de la France en la matière ?

Mme la présidente. La parole est à Mme la secrétaire d’État.

Mme Delphine Gény-Stephann, secrétaire d’État auprès du ministre de l’économie et des finances. Monsieur le sénateur Yung, je vous remercie de vos questions, qui sont un peu nombreuses pour les deux minutes qui me sont imparties. (Sourires.) Reste que je suis absolument d’accord avec vous sur l’exemple de l’Italie – vous savez que nous avons travaillé sur ce sujet dans le cadre du projet de loi PACTE.

Concernant la cohérence des outils, vous avez raison : nous avons certes besoin de leviers dans différentes dimensions, encore faut-il que tous ces leviers s’appuient les uns les autres. Il faut aussi que nous sachions travailler avec les régions. De plus en plus, les partenariats avec les régions sont indispensables pour faire avancer les grands projets industriels.

Nous faisons en sorte, dans le cadre de la stratégie par filière par exemple, d’importer la vision qui est celle des pôles de compétitivité et de l’Alliance industrie du futur. C’est la structure du Conseil national de l’industrie, qui est organisé à la fois par filière et par thématiques transversales, numérique et export, qui nous donne cette approche matricielle et qui fait tenir ensemble les différentes dimensions de notre politique industrielle.

Les marchés publics aux États-Unis ? Ce n’est pas un sujet facile. Nous disposons d’un instrument en matière de marchés publics au sein de l’OCDE, mais nous n’avons aucun instrument de réciprocité au plan européen. En termes de marchés publics, l’Europe est la zone du monde la plus ouverte. Des discussions ont lieu aujourd’hui, en Europe, sur l’élaboration d’un règlement qui permettrait de créer des outils de réciprocité un peu plus affûtés. Je ne vous cache pas que ce dossier est complexe à faire avancer.

Enfin, la politique industrielle européenne est l’un des grands sujets que nous voulons porter à l’agenda de la prochaine Commission. Nous avons commencé à y travailler avec nos partenaires européens, en échangeant des papiers de problématique et en cherchant à agréger un petit consortium « d’amis de l’industrie ». Nous allons continuer à travailler pour faire des propositions concrètes à la prochaine Commission.

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