L'opposition attaque sans relâche la réforme du collège à l'aide de mensonges et de contre-vérités. Il est donc important de rétablir les faits et de comparer ce qui a été fait pour l'école sous la Présidence de Nicolas Sarkozy et ce qui est fait depuis l'élection de François Hollande.

1. La politique des années Sarkozy

Moyens

  • 80 000 postes supprimés
  • Près de 10 000 classes fermées en maternelle et primaire
  • Suppression de la formation des profs
  • Chute du budget du ministère de l’Éducation : 28% du budget de l’État en 2007, 21% en 2010
  • Baisse de la Dépense intérieure d’éducation à un niveau équivalent à celui des années 1990
  • Inégalité de moyens : en 2010 l'État a dépensé 47 % de plus pour former un élève parisien que pour former un banlieusard de Créteil ou de Versailles. L'académie de Créteil, qui était en 2006 dans la moyenne nationale pour la dépense par élève dans le primaire, est tombée au 22e rang sur 26 en 2011. Même injustice dans les lycées et collèges. Pour la rentrée 2011, Créteil, qui gagnait 3 836 élèves dans le second degré, a perdu 426 postes, quand l'académie de Paris, qui gagnait, elle, 1 000 élèves, a obtenu 20 emplois de plus (Cour des comptes)

Scolarisation

  • Forte baisse de la scolarisation des enfants de 2 ans : de 29,4% en 2003 à 13,6% en 2010 - un retour à la situation des années 60
  • Orientation vers l’apprentissage dès 14 ans (loi Cherpion, 2011)

Vie des élèves

  • Institution de « bourses au mérite », en réalité saupoudrage inéquitable et restriction inadéquate
  • Restauration de la suppression des allocations familiales pour absentéisme, inefficace et contre-productive : 619 suspensions sur 12 M d’élèves, le très libéral Royaume-Uni a supprimé une même disposition, l’UMP elle-même avait déjà adopté et supprimé cette disposition

Programmes

  • Relégation de l’Histoire : suppression de l’histoire-géo en terminale S
  • Instrumentalisation de l’Histoire : lecture de la lettre de Guy Môquet
  • « Pathologisation » de l’Histoire : Proposition (avortée) de faire adopter un enfant juif exterminé en déportation par chaque enfant au primaire – idée dénoncée comme « insoutenable » par Simone Veil

2. Les résultats  - État de l’éducation en France

Chiffres PISA 2013 – Nul doute que l’actualisation en cours, qui paraîtra fin 2016, confirmera la nécessité d’agir

Un échec pour l’égalité des chances

  • L’école française est aujourd’hui plus inégalitaire qu’hier. Elle est devenue l’école la plus inégalitaire de l'OCDE. Plus qu'ailleurs et plus que par le passé, les origines sociales pèsent sur la réussite scolaire : « en d'autres termes, lorsqu'on appartient à un milieu défavorisé, on a aujourd'hui moins de chance de réussir en France qu'en 2003 ».
  • Certains pays – Allemagne, Italie, Pologne, Turquie… – ont su, en dix ans, améliorer l'équité sociale de leur système scolaire. La France pas.

Un échec pour la réussite pour tous

  • Le nombre d’élèves en difficulté qui s’est accru, de 16,6% en 2003 à 22,4% en 2013, alors que cette part est stable dans les autres pays de l’OCDE.

Un échec pour la promotion de l’excellence

  • Échec pour la promotion de l’excellence en général : la proportion d’élèves très performants est stable, au niveau de la moyenne des pays de l’OCDE, et reste bien inférieure aux meilleurs pays d’Asie (4 fois inférieure à la proportion constatée à Singapour).
  • Échec quand l’excellence pourrait servir d’ascenseur social : seuls 22 % des jeunes les plus défavorisés « confinent à l'excellence », contre 26 % en moyenne dans l'OCDE, et contre plus de la moitié dans les pays asiatiques.
  • Échec par une baisse générale du niveau, notamment en mathématiques : - 5 places entre 2003 et 2013, une matière suscitant de l’anxiété chez les élèves

3. Principales réformes engagées depuis 2012

Moyens

  • Création de 60 000 postes – déjà plus de 35 000 créés
  • Éducation à nouveau 1er budget de l’État
  • Rétablissement de la formation des profs (création des ESPE) et 10 000 emplois d’avenir professeurs
  • Réforme de l’éducation prioritaire (plus de moyens) et réforme de l’allocation des moyens, pour une distribution plus fine et plus juste

Scolarisation

  • Création de places en maternelle (objectif 75 000 d’ici 2017), pour renforcer la scolarisation des plus petits notamment dans les quartiers d’éducation prioritaire
  • 28 000 postes d'accompagnants pérennisés en 2015 pour l’accès à l’école des enfants atteints de handicap
  • Retour à l’apprentissage à partir de 15 ans (en 2013)

Pédagogie

  • Nouveaux rythmes scolaires pour mieux apprendre (5 matinées d’apprentissage)
  • Innovations pédagogiques – dispositif plus de maître que de classes, …
  • Stratégie mathématiques, pour faire dépasser aux enfants leur appréhension des maths
  • Développement du numérique à l’école (écoles connectées, création d’applications, …)
  • Ouverture à l’international : augmentation du budget Erasmus à +40%, grâce à l’action de la France

Réforme du collège

  • Pour l’égalité des chances : accès à tous à l’apprentissage d’une LV2 dès la 5ème.
  • Pour la réussite de tous : développement de l’accompagnement personnalisé, permettant à ceux qui ont des difficultés de les combler, à ceux qui ont la chance d’être en avance d’approfondir leurs connaissances.
  • Pour la promotion de l’excellence : développement des enseignements interdisciplinaires pour croiser les disciplines et mieux appréhender un monde complexe

Orientation

  • Droit pour les meilleurs 10% de lycéens de chaque lycée d’accéder aux filières sélectives du supérieur (classes prépas, …)
  • Détermination par les recteurs d’une part minimale de bac techno et bac pro dans les IUT et STS. Une progression significative des candidatures acceptées dès la rentrée 2014.
  • Plan de lutte contre le décrochage scolaire – 20 000 jeunes « raccrochés dès 2013
  • Réforme de l’orientation

Vie des élèves

  • Près d’un demi-milliard d’euros pour 134 500 bourses supplémentaires : 1 étudiant sur 3 désormais boursier
  • Fin de la suppression des allocations familiales pour absentéisme, inefficace et contre-productive (cf. supra)

Programmes

  • Rétablissement de l’histoire-géo obligatoire en terminale S
  • Création du Conseil supérieur des programmes pour une construction transparente des programmes
  • Consultation des enseignants sur la réforme des programmes

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