Les Échos / Lionel Steinmann / Journaliste | Le 12/11 à 01:00

Le groupe va fournir 800 locomotives de fret aux chemins de fer locaux.

Les commandes qui se chiffrent en milliards d'euros sont toujours accueillies avec du champagne par les entreprises concernées, mais celle que vient de décrocher Alstom en Inde est particulièrement bienvenue pour le groupe français. Le constructeur ferroviaire a annoncé mardi avoir été choisi par le ministère des Chemins de fer indiens pour la fourniture de 800 locomotives électriques destinées au transport de fret, ainsi que pour leur maintenance sur une durée de treize ans. « Le contrat s'élève à un montant total de plus de 3 milliards d'euros », a spécifié l'entreprise dans un communiqué. Il fait partie de l'effort d'investissement annoncé par le gouvernement indien pour rénover un réseau ferroviaire qui reste le quatrième au monde par la taille, mais date en partie de l'époque coloniale.

Les locomotives, dont la livraison s'étalera entre 2018 et 2028, seront construites sur place, dans une usine bâtie pour l'occasion à Madhepura, dans l'Etat du Bihar. L'entreprise répond ainsi aux souhaits du Premier ministre indien, Narendra Modi, qui a fait du « Make in India » le leitmotiv de sa politique économique.

Alstom n'a pas eu pour cela à infléchir sa stratégie : le groupe a opté de longue date pour une localisation des sites de production au plus près de ses clients. C'est grâce à cela qu'il a décroché en 2013 un autre contrat pharaonique, la vente de 600 trains de banlieue à l'Afrique du Sud en 2013, pour près de 4 milliards d'euros avec, là encore, la construction d'une usine dans la banlieue de Johannesburg. L'entreprise compte d'ailleurs déjà plusieurs sites en Inde, dont un centre d'ingénierie pour la signalisation et les trains à Bangalore, et une usine de fabrication de rames de métros à Sri City.

Compétitivité

Cette commande arrive également à point nommé, quelques jours à peine après la finalisation de la vente des activités dans l'énergie à General Electric. La capacité d'Alstom à s'inventer un avenir de « pure player » dans le secteur des transports, sur un marché de plus en plus concurrentiel, a suscité des interrogations chez certains observateurs. Ce méga-contrat vient réaffirmer, au moins à court terme, la compétitivité du groupe français.

D'autant que celui-ci a remporté l'affaire en prenant le dessus sur ses traditionnels rivaux européens, Siemens et Bombardier. Le géant chinois CRRC, qui affiche de grandes ambitions à l'international et un chiffre d'affaires plus de 3 fois supérieur à celui d'Alstom, n'a toutefois pas participé à l'appel d'offres, sans doute pour des raisons géopolitiques.

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