LE MONDE ECONOMIE | 12.11.2015 à 11h22 • Mis à jour le 12.11.2015 à 12h30 | Par Jérôme Porier

Après sept ans de crise, le marché du logement rebondira enfin en 2016. La Fédération des promoteurs immobiliers de France (FPI) a annoncé le 12 novembre une progression des ventes de logements neufs de 18 % en rythme annuel au troisième trimestre, avec un total de 25 247 logements réservés. Il s’agit du quatrième trimestre d’affilée de hausse de cette statistique. Elle montre cependant une décélération, puisque la progression atteignait 23,1 % au trimestre précédent.

Néanmoins, les tendances observées depuis le début de l’année se confirment. Le marché du neuf est tiré par le dynamisme des ventes aux investisseurs (+ 55,5 % au troisième trimestre). Le dispositif d’incitation à l’investissement locatif Pinel, qui procure à ceux qui achètent un logement neuf une réduction d’impôt pouvant aller jusqu’à 21 % du montant investi, rencontre davantage de succès que son prédécesseur, le Duflot.

Pa contre, les ventes en accession à la propriété patinent. Elles n’ont progressé que de 4,7 % au troisième trimestre. Et accusent même un recul de 4,9 % en Ile-de-France. « Pour la première fois depuis trois ans, leur part dans le total des ventes de logements neufs est inférieure à celles des ventes aux investisseurs », remarque Alexandra François-Cuxac, présidente de la FPI.

Ces statistiques tombent à point nommé. Le ministère du logement a détaillé il y a trois jours la réforme du prêt à taux zéro (PTZ), annoncée le 30 octobre par François Hollande. Accordé sous conditions de ressources, ce prêt sans intérêt est réservé aux ménages qui acquièrent un premier logement. Des primo-accédants qui ne représentent plus aujourd’hui que 35 % des acquéreurs d’un bien immobilier, contre 55 % en 2010. L’assouplissement des critères d’attribution doit permettre de doubler le nombre de bénéficiaires du PTZ en 2016, pour le porter à 120 000. Les plafonds de revenus ont été relevés, les durées allongées. Les ménages pourront commencer à rembourser au bout de cinq ans, dix ans ou quinze ans, selon leurs revenus.

Dans le neuf, le PTZ pourra représenter jusqu’à 40 % du montant de l’emprunt contracté pour financer l’acquisition, contre 18 à 26 % actuellement. Jusque-là réservé à 6 000 communes rurales, le PTZ « dans l’ancien » sera, lui, élargi à tout le territoire, à condition de réaliser des travaux pour au moins 25 % du prix d’achat. Le coût de ces mesures est estimé à 2 milliards d’euros sur cinq ans à compter de 2017, contre 700 millions d’euros pour le PTZ actuel. Le surcoût sera donc de 250 millions d’euros par an.

Beaucoup de professionnels réclamaient depuis longtemps de nouvelles aides à l’accession à la propriété pour les ménages modestes. La plupart se disent satisfaits des mesures annoncées. Pour Michel Mouillart, professeur d’économie à l’université Paris-Ouest, il faut même aller encore plus loin. « Il y aura cette année environ 185 000 ventes en accession à la propriété dans le neuf, dit-il. Pour atteindre l’objectif gouvernemental de 500 000 nouveaux logements construits par an, il en faudrait 120 000 à 130 000 de plus. Le rôle des primo-accédants est essentiel ! » En dépit de cette réserve, il estime que la réforme du PTZ va permettre d’accélérer la reprise tant attendue dans le BTP.

Lumière au bout du tunnel

Une reprise qui joue l’Arlésienne, alors que les bons chiffres de vente se succèdent depuis novembre 2014. En octobre, l’Union des maisons françaises (UMF) a ainsi annoncé que les ventes de maisons individuelles devraient progresser de 6 % à 7 % en 2015. Ce qui serait la première hausse de ce marché depuis quatre ans. « Tous les signaux passent au vert les uns après les autres, affirme M. Mouillart. La reprise est déjà là, même si elle ne se manifeste pas encore dans les chiffres du bâtiment. »

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