FAIT DU JOUR. Le premier trimestre a vu la création de 90 000 emplois. Une tendance qui devrait se confirmer tout au long de cette année. Zoom sur trois secteurs qui profitent de l'embellie.

«Ça va mieux»,lançait François Hollande... un an trop tôt. L'ancien chef de l'Etat assurait, en avril 2016, qu'il y avait «plus de croissance, plus de compétitivité», misant sur un rapide rebond du marché du travail. Mais c'est maintenant que le sursaut a lieu et c'est son successeur, Emmanuel Macron, qui peut en profiter. Sur un an, l'emploi salarié a, en effet, bondi de 284 100 (+ 1,2 %), selon l'Insee. Rien que sur les trois premiers mois de 2017, 89 700 jobs ont été créés.

Cela fait dix trimestres que la tendance est positive. Une première depuis la crise de 2008, et qui devrait perdurer. Selon les prévisions, 222 000 emplois apparaîtront sur le marché du travail en 2017, grâce à la croissance qui repart enfin. Elle devrait atteindre 1,6 % cette année, contre 1,1 % en 2016. Or, comme le rappelle Christian de Boissieu, professeur à Paris-I, «1,5 % de croissance, c'est le seuil à partir duquel ça commence à frémir du côté de l'emploi». Qui dit plus d'emploi dit moins de chômage. En 2017, il devrait passer à 9,4 % de la population active, soit 0,6 point de moins qu'en 2016.

Beaucoup d'intérim et de CDD

Si François Hollande n'a pas réussi à inverser la tendance suffisamment tôt, il peut se targuer d'avoir été l'un des artisans de l'embellie. «Le CICE, le pacte de responsabilité ou les mesures prises pour encourager les embauches dans les PME ont contribué à cette situation assez favorable sur le marché du travail», atteste Anne-Juliette Bessone, économiste à l'Insee.

Le BTP, l'hébergement et la restauration, les services aux entreprises sont les secteurs qui profitent les premiers de la reprise. «Mais on n'a toujours pas effacé les stigmates de la crise, tempère Bruno Ducoudré, chercheur à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). On a un peu plus de 16 millions d'emplois salariés contre 16,4 millions avant 2008.»

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Sans oublier la nature de ces nouveaux contrats souvent précaires. «L'intérim est au plus haut, il y a beaucoup de CDD et d'emplois saisonniers. Il va falloir que cela se transforme en emploi pérenne», poursuit-il. Et puis, certains secteurs sont toujours dans le marasme. A commencer par l'industrie. Sur un an, elle a perdu 19 700 emplois.

Le Parisien, Sébastien Lernould, 26 juin 2017, 7h03

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