Le jeudi 10 mars, le ministre chargé de la coopération, M. Henri de RAINCOURT, est intervenu devant l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Après avoir indiqué que la population française établie hors de France a connu une croissance de 4% en 2010, il a présenté les priorités du gouvernement.

Henri de Raincourt à l'AFE

Première priorité : la démocratie. Le ministère des affaires étrangères et le ministère de l’Intérieur travaillent de concert pour préparer les élections législatives de 2012. L’élaboration des textes réglementaires, l’établissement des listes électorales consulaires et les modalités du vote par Internet sont en cours de préparation. Le ministre a également indiqué que l’Assemblée nationale examinera prochainement la proposition de loi tendant à proroger le mandat des conseillers à l’AFE, que le Sénat a adoptée le 26 janvier dernier. Cet aménagement du calendrier électoral doit permettre d’éviter la tenue de trois scrutins successifs en 2012. D’après M. de RAINCOURT, la participation des Français de l’étranger aux élections législatives sera examinée de près et les conseillers à l’AFE auront un rôle à jouer dans la mobilisation des électeurs.

Seconde priorité : la sécurité de nos concitoyens vivant à l’étranger. Le ministre a évoqué la situation des Français qui sont actuellement retenus en otage en Afghanistan et dans la région du Sahel. Il est aussi revenu sur les évènements de Tunisie, d’Égypte et de Libye. D’après M. de RAINCOURT, « la France est l’un des pays de l’Union européenne qui porte la plus grande attention à la sécurité de ses communautés à l’étranger ».

Troisième priorité : la solidarité. Le ministre a indiqué que les crédits d’aide sociale inscrits dans la loi de programmation des finances publiques pour les années 2011 à 2014 sont maintenus. La prochaine commission permanente pour la protection sociale des Français de l’étranger devrait formuler des propositions destinées à gérer de façon plus rigoureuse les demandes d’aide. Par ailleurs, le gouvernement élabore actuellement une « politique d’ensemble » destinée à accompagner les retraités français résidant à l’étranger. Cette réflexion s’inscrit dans le cadre du débat sur la prise en charge des personnes dépendantes. Le gouvernement envisage également de procéder à un réexamen de la solidarité nationale envers les expatriés.

S’agissant de l’enseignement français à l’étranger, la prise en charge des frais de scolarité (PEC) est, de l’avis de M. de RAINCOURT, une mesure généreuse, juste et…coûteuse. Affirmant la nécessité d’aménager le dispositif de la PEC au regard de la situation budgétaire, le ministre a annoncé que le gouvernement va suivre la recommandation du rapport COLOT-JOISSAINS de plafonner la PEC en prenant comme référence l’année scolaire 2007/2008 et non l’année 2009/2010.

Le ministre a également souligné le rôle important des « communautés » françaises à l’étranger à l’heure où la planète est devenue un village. Faisant référence aux crises que connaissent actuellement de nombreux pays, il a exprimé son souhait de voir émerger un monde « plus juste et porteur de paix » et a souligné la nécessité de « favoriser les transitions qui se font jour ».

Enfin, répondant au président du groupe Français du monde-ADFE, qui l’avait interpellé sur la réduction sans précédent du budget du Quai d’Orsay, M. de RAINCOURT a indiqué qu’un état des lieux des moyens du ministère des affaires étrangères était en cours d’élaboration dans la perspective de la préparation du projet de loi de finances pour 2012. En outre, il a affirmé que la vente du patrimoine immobilier de l’Etat à l’étranger pour payer des frais de fonctionnement ne saurait constituer une politique durable.

Pour résumer : un discours creux, pas de remise en question des politiques menées par le gouvernement et des annonces vagues.

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