Tananarive, 10 novembre

Le consul général de France Laurent Polonceaux et Jean Daniel Chaoui, conseiller AFE, m’ayant accueilli à mon arrivée à l’aéroport d’Ivato, j’ai participé le lendemain 10 novembre à une réunion du CA de Français-du-Monde ADFE et de la section PS avec son secrétaire Jean-Paul Nicoli au domicile de Jean-Daniel Chaoui. Au cours de cette réunion nous avons eu des échanges sur les élections sénatoriales, Jean-Daniel précisant dans quel cadre il présentait sa candidature, en particulier pas dans une opposition à celles des sénateurs sortants, et sur les élections des conseillers consulaires, la liste conduite par Jean-Daniel comportant 5 noms représentant les régions de Madagascar. Nos amis ont souligné que l’indemnité de 300 € versée aux futurs conseillers consulaires était très en deçà des besoins de leur mission et ce qu’ils recevaient précédemment (frais du secrétariat de 3 personnes de Français du Monde et frais de voyage dans la Grande Île).

Tananarive, 10 novembre

L’assemblée a ensuite listé les thèmes de la campagne : la fermeture des consulats et la diminution des postes, qui affecte en particulier le traitement des dossiers, et celle de plusieurs lycées à Madagascar.
La réunion s’est terminée par un sympathique pique-nique avec plus d’une centaine d’adhérents de Français du Monde auquel M. le consul général assistait.

Antsirabé, 11 novembre

Le matin, avec Jean-Daniel Chaoui et Jean-Paul Nicoli j’ai participé à une belle et émouvante cérémonie devant le monument aux morts d’Antsirabé, aux côtés du consul général de France, du consul honoraire d’Antsirabé Robert Michel, en compagnie du colonel Fruget, coopérant militaire auprès de l’Académie militaire malgache, du général représentant la région et de nombreuses autorités militaires. J’ai déposé une gerbe devant le monument aux morts et salué le porte-drapeau de l’Association des anciens combattants, tandis que la Musique jouait les hymnes français et malgaches, repris en chœur par les enfants de l’école française Jules Verne.

Antsirabé, 11 novembre

Le déjeuner qui a suivi a réuni six opérateurs économiques de la ville, qui, dans des secteurs et avec des formats différents, ont réussi une expérience positive de développement de leur entreprise. Pour Hervé Lamy (directeur de la SACIMEM, filiale de Imperial Tobacco Madagascar), dont la société qui emploie 4000 planteurs de tabac et représente 95 % des parts de marché, le problème est l’augmentation de 350 % des taxes malgaches sur les cigarettes. Les brasseries Star (groupe Castel), représentées par Didier Dubois, directeur de l’usine d’Antsirabé, emploient 2000 salariés dans 4 usines sur la Grande Île. Leur souci est une éventuelle dévaluation de l’aryari. Toute différente est la société créée par M. Rousseau, une petite unité artisanale de transformation du lait pour la production de fromages français. Ce créneau haut de gamme répond à une forte demande, principalement de restaurants, et se révèle très rentable. Socolait (Hélène Pfeiffer, responsable collecte et développement) produit tous produits laitiers pour la grande distribution, et doit faire face à des fraudes et contrefaçons. Véronique Auger a raconté la success story de « cottonline », une entreprise de tissage, couleur, confection, qui exporte la totalité de sa production pour des marques populaires en Europe, et celle de la ferme de crevettes bio, la première au monde, exportées à Rungis. Un restaurant gastronomique a enfin déploré que le climat politique ait réduit l’affluence touristique et donc sa clientèle.

L’après-midi j’ai visité l’école et collège Jules Verne (311 élèves, en croissance de 20 % depuis les trois dernières années) dont le principal, Daniel Brigot, déborde d’idées et de projets pour son développement. Le Conseil d’administration de l’APE (Nathalie Coudray-Dubos, présidente, Jean-Pierre Tilly, trésorier) que j’ai rencontré l’accompagne dans cette volonté de progression des effectifs, et nous a confirmé qu’en dépit du niveau bas du coût de l’écolage, la trésorerie permet de financer un plan triennal d’investissements, ainsi qu’une politique salariale susceptible d’attirer des enseignants de qualité.

Antsirabé, 11 novembre

J’ai enfin visité la Résidence Sociale, un vaste et beau bâtiment qui abrite une maison de retraite (6 pensionnaires actuellement), un internat pour 19 élèves du collège, des bureaux loués à des ONG, au Consulat honoraire, et de l’hôtellerie. Sa capacité d’hébergement de 100 lits est loin d’être atteinte. Ses recettes (150 € mensuels par interne, 165 € d’allocation de solidarité pour les personnes âgées allocataires) sont insuffisantes pour couvrir ses dépenses, et l’Association Maison de Retraite d’Antsirabé (Benja Razafimahaleo, président du CA, Jean-Pierre Tilly, trésorier, Josiane Potier, secrétaire adjointe et fondatrice du charmant « petit musée » de la maison sociale), propriétaire du bâtiment, envisage l’avenir avec inquiétude.

Antsirabé, 11 novembre

Enfin, une réception donnée par le consul général m’a permis de rencontrer une partie de la communauté française d’Antsirabé autour du verre de l’amitié.

Tananarive, 12 novembre

J’ai eu un entretien avec notre ambassadeur François Goldblatt, et le premier conseiller Jérôme Bresson. Il a été évidemment question de la situation politique à Madagascar entre les deux tours de l’élection présidentielle qui a vu placés en tête Jean-Louis Robinson (21,10 % des suffrages) et Hery Rajaonarimampianina (15,93 %). Ces deux candidats sont appuyés par d’anciens présidents, respectivement Marc Ravelomanana et Andry Rajoelina. Le scrutin est extrêmement indécis, de nombreux facteurs pouvant jouer en faveur de l’un ou de l’autre. Il est en tout cas positif que le premier tour des élections se soit en gros correctement passé, mettant d’ores et déjà fin à quatre années de confusion et d’incertitudes politiques qui ont éloigné de la Grande Ile investisseurs et aide internationale. Le second tour, le 20 décembre, sera plus compliqué car couplé avec les élections législatives. Tout le monde espère que la parenthèse ouverte en 2009 dans la légalité constitutionnelle sera enfin fermée et que Madagascar, classé comme un des plus pauvres pays du monde, pourra s’ouvrir au développement par le lancement d’un cercle vertueux.

Avec l'ambassadeur François Goldblatt

Avec les conseillers AFE, nous participons ensuite à la réunion de service de l’ambassade présidée par M. l’ambassadeur. Celui-ci déplore le manque de visites officielles depuis deux ans, liée à la crise politique. Outre le point sur la situation politique (voir ci-dessus), la programmation de l’assistance financière est exposée. Elle est malheureusement en baisse, essentiellement constituée de prêts et peu lisible par nos partenaires. Il est indiqué que Madagascar ne sera pas invitée au prochain sommet de Paris sur la sécurité mais qu’un représentant des milieux d’affaires participera au forum qui se déroulera en marge.
Une demi-journée économique d’Ubifrance se déroulera à Paris le 18 mars.

Au cours du déjeuner qui a réuni chez le consul général le coordonnateur de l’AEFE Jean-François Lledos, l’assistante sociale du consulat Natacha Paulin, le proviseur du lycée Denis Dekerle ainsi que les conseillers à l’AFE Jean-Daniel Chaoui, Xavier Desplanques et Michèle Malivel, ont été abordés les questions de l’enseignement français à Madagascar.

J’ai ensuite pu visiter le magnifique lycée français de Tananarive, en commençant par l’internat tout neuf construit pour héberger les 230 élèves des lycées de Diego-Suarez et de Fianarantsoa qui viennent de fermer. L’AEFE prendra en charge pendant trois ans au moins la différence entre les écolages de ces lycées et de celui de Tananarive, ainsi que la moitié des frais d’internat.
Le Lycée accueille 1700 élèves sur ce site, auquel s’ajoutent ceux des écoles A, B, C, et D soit 3000 élèves en tout pour cet établissement à gestion directe. Les conditions de travail sont excellentes : informatique (800 ordinateurs), CDI, équipements sportifs etc.
J’ai ensuite rencontré les directrices ou chefs d’établissement des six établissements homologués, qui se félicitent d’avoir fidélisé une clientèle attachée à un enseignement du français à des coûts raisonnables. La fiscalité malgache est cependant une lourde charge, et la multiplication de petites écoles bon marché « à expression française » une concurrence dangereuse.
Les deux associations de parents d’élèves (APELFT, Marie-Paule Fraslin, et ALEFA-FCPE, Philippe Le Blé) ont exprimé, pour la première son souci de la qualité et de la formation des enseignants recrutés localement, pour la seconde sa crainte que le lycée de Tananarive absorbe la totalité des financements au détriment des établissements de province. Un long débat a également eu lieu sur la question des rythmes scolaires.
Enfin les syndicats enseignants (Patrick Dupont pour le SNES et Olivier Pascal pour le SNUIpp) ont déploré la médiocre gestion des établissements conventionnés, et ont insisté sur la nécessaire qualité de l’enseignement qui passe par le recrutement de personnels résidents titulaires.

La journée s’est achevée par une réception donnée par notre ambassadeur à la communauté française, au cours de laquelle j’ai eu le plaisir de m’adresser à plusieurs centaines de mes compatriotes.

Réception à Tananarive

Tamatave

A mon arrivée à Tamatave le 13 novembre j’ai participé, avec Jean-Daniel Chaoui et Jean-Paul Nicoli, à une réunion de la section locale de Français du Monde dont Jean-Marie Michelet est le président. Il s’agissait de faire le point sur la situation des familles, regroupées en un collectif, qui n’arrivent pas à faire retranscrire sur l’état-civil français l’acte de naissance malgache de leurs enfants. Dans la plupart des cas, des erreurs, des insuffisances, des dysfonctionnements dans la procédure et/ou le registre malgache font soupçonner une irrégularité et conduisent à un refus de transcription. Quelque 90 enfants de parents français sont ainsi bloqués à Madagascar, avec un de leurs parents, ne pouvant rejoindre leur famille en France, n’ayant pas non plus droit aux bourses ni aux aides consulaires. Il semble que le Consulat général de France ait pris la mesure de la détresse humaine résultant d’une application stricte de l’article 47 de la loi et qu’un règlement au cas par cas de ces situations soit en cours.

Le 14 novembre nous avons d’abord visité l’agence consulaire qui a été substituée très récemment au consulat. Christian Fuard, consul honoraire et son assistant Jean-Bruno Randrianjatovo, expriment leur crainte de voir leurs locaux très rétrécis par l’aménagement du bâtiment en internat pour les élèves du lycée, devenant ainsi inadéquats à la conduite de leurs activités (ils reçoivent 10 à 12 visiteurs sur trois heures chaque jour).
Le proviseur du lycée de Tamatave, Bernard Menault, et le président de l’APE gestionnaire, nous font visiter cet établissement qui scolarise 865 élèves de la maternelle à la terminale, la baisse des effectifs ayant été stabilisée. D’importants travaux de rénovation et de renouvellement du mobilier viennent d’être effectués. Un projet d’internat est à l’étude pour une vingtaine d’élèves actuellement hébergés dans un hôtel assez loin du lycée. Un bail a été signé pour l’immeuble abritant le consulat honoraire ; le montage financier du budget d’investissement (90 000€) n’est pas encore assuré. Les écolages sont de 1500€ en primaire à 1900 au lycée, et 3000€ pour les étrangers tiers.
J’ai rencontré les représentants du personnel, parmi lesquels le SNES (Reda Dahhoui) qui m’ont fait part de leur crainte d’une diminution de leur ISVL, insistant sur la situation plus difficile à Tamatave qu’à Tananarive.
L’association de parents qui assure la gestion du lycée (APE) est présidée par Yvan Prat. Je l’ai rencontrée lors d’une réunion avec l’Amicale des parents d’élèves qui siège au Comité de gestion. Le gros sujet de débats est le futur internat, certains parents ne voulant pas que l’APE participe à son financement, d’autres refusant qu’il se construise ailleurs que dans l’enceinte du lycée. L’autre souci des parents a trait au fait que la commission des bourses se tienne non pas sur place mais à Tananarive, ce qui implique des frais et du temps. S’il n’est pas possible de la relocaliser à Tamatave, les parents souhaitent qu’une assistante sociale du consulat général vienne instruire les dossiers.

Tamatave lycée

Nous avons procédé à une visite très détaillée de l’Alliance française.

Une réunion avec les chefs d’entreprise nous permis de rencontrer le directeur de Crown, celui de la Soger Satom ainsi qu’un planteur de bananes. Il semble que les chefs d’entreprise français à Tamatave rencontrent peu de difficultés (seulement deux sont venus à mon invitation).

J’ai enfin invité la communauté française de Tamatave au « Bateau Ivre » tenu par mon vieil ami Faidherbe, à un cocktail au cours duquel j’ai pu rencontrer un grand nombre de mes compatriotes.

Tamatave Bâteau ivre

Tananarive, 15 novembre

À l’invitation du consul général Laurent Polonceaux, Josseline Monnier et Catherine Peck, consules adjointes, j’ai visité les locaux du consulat, récemment réaménagé et beaucoup plus accueillant. Je lui ai fait part de mes impressions à la suite de mes rencontres à Tamatave.
Concernant la situation du consulat honoraire, il m’a confirmé qu’il y aurait bien deux bureaux dans les nouveaux locaux, mais qu’un second poste n’était pas possible.
Les difficultés créées par la centralisation à Tananarive de la Commission des bourses pourraient être réglées par la tenue à Tamatave d’une pré-commission avec déplacement d’un agent du consulat général, comme c’est le cas à Tuléar. Je lui ai enfin transmis ma préoccupation devant les problèmes de transcription des actes d’état-civil malgache d’enfants français. S’il reste opposé à une régularisation en masse, il a convenu que la méthode d’étude des dossiers au cas par cas était la bonne, et qu’on pouvait envisager l’octroi de visas de court séjour aux dossiers « régularisables ». Ce problème fait parti de nos priorités, a-t-il assuré. D’autre part la ville jumelle de Saint-Étienne va envoyer à Tamatave deux spécialistes de l’état-civil pour former les agents malgaches.
J’ai enfin informé le consul général de mon intention de financer, sur la réserve parlementaire, la construction d’un caveau au cimetière de Tamatave afin d’inhumer dignement nos défunts démunis. La concession a déjà été acquise par l’AMI, association qui gère la maison de retraite (Geneviève Farajallah).

Consultat Tananarive

J’ai ensuite participé à une réunion avec deux associations qui s’occupent des Français démunis : Enfants français de Madagascar (EFM) et Association française de solidarité de Tananarive (AFST). Ces deux associations sont pluralistes (les élus FdM-ADFE et UFE ont un siège dans leurs conseils d’administration) et vivent essentiellement de dons, d’une subvention consulaire (respectivement 9000 et 13000€) et de l’aide issue de la réserve parlementaire (15000 et 12000€). EFM (Jean-Paul Nicoli, président) prend en charge la scolarisation d’enfants français auxquels les établissements de l’AEFE sont refusés, et qui ont même des difficultés à suivre la scolarité des écoles homologuées moins chères. L’idéal serait pour ces quelque 20 enfants la création d’un « internat de réussite scolaire ». La dernière subvention sénatoriale a financé une salle informatique à l’école Les Colibris. AFST (Harry Langlois, président) de son côté, a mis en place un Centre aéré qui accueille 200 enfants pendant les vacances, moyennant quoi ils bénéficient de trois repas par jour… Sur ma réserve l’association rénove également des logements insalubres.

La journée s’est terminée par un dîner offert aux élus des Français à Madagascar par l’Ambassadeur de France.

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Commentaires   

#2 Albert LYON 18-11-2013 11:29
Bonjour et Bravo pour vos actions sur Madagascar !.Votre séjour fut court mais bien rempli et riche de rencontres.Enco re désolé de ne pas vous avoir croisé,je suis en Europe en ce moment .Cordialement
Albert LYON
#1 lemmens lucien 13-11-2013 17:49
Bonjour Monsieur le Sénateur , vous etes venu a Toamasina le 13/11/2013 je suis un papa qui me bat depuis 6 ans pour avoir mes enfants qui sont Francais par mon sang mes parents cesont battu pour notre patrie , j'ai toujours etais fier de mon pays d'etre Francais , mais je ne comprend pas la façon de faire avec des enfantsissu de pere Francais . Ma question qu'elle resultat ??mes enfants seront t'elles a l' abre de noel en famille ?? pourquoi cette façon de prendre des enfants de parents FRANCAIS en otage , J'ai fourni tout les papiers ainsi que le numero de naissance car j'etais present a leurs venu au monde pres de leurs maman ,je suis MEMBRE A.D.F.E je me suis battu pour la fierté de mon pays , alors pouquoi veux t'on me privé de mes filles .. parce qu'elles sont METIS .
Monsieur nos espoir sont entre les mains de Mr Chaoui et les votre pour que mes enfants retrouve leurs DROITS et leurs FIERTEE d'etre FRANCAISE Je vous presente mes salutations respectueuses , rendez moi mes filles
Mr Lemmens Lucien
membre de A.D.F.E de Madagascar