Samedi 23 janvier

Arrivée le soir à Riyad, accueil par M. Mounir Slimani, deuxième conseiller de notre ambassade

Dimanche 24 janvier

Matinée consacrée aux questions économiques avec un entretien avec M. Philippe Gassman, Chef du Service économique de l’ambassade et M. Pascal Roger, Directeur de Business France.
Le PIB de l’Arabie saoudite est de l’ordre de 650 milliards de dollars pour 20 millions d’habitants et 10 millions de travailleurs étrangers. La principale recette de l’État vient de l’Aramco (70%), la société nationale pétrolière. Ces recettes servent à subventionner des produits de première nécessité et de nombreux postes de fonctionnaires à l’utilité plus que douteuse.
Le baril au prix très bas actuel (31$ le baril) va entraîner un certain nombre de mesures budgétaires : baisse des subventions, mise en place de taxes (TVA, foncier non bâti) mais les réserves financières accumulée (650 milliards de dollars) permettent au royaume de ne pas réduire ses parts sur le marché pétrolier mondial.
Les entreprises françaises du CAC 40 sont présentes et pour l’essentiel, réussissent bien. Il n’en est pas de même pour les PME et les ETI qui ont du mal à prospecter et à engager les investissements commerciaux nécessaires. Ceci est encore plus vrai dans le domaine des services et de la finance où la prédominance anglo-saxonne est très marquée.
Business France a pour vocation d’aider les PME françaises en organisant des missions par grand sujet (eau, aéroport, hôtellerie, ...) plus que par salon, peu pratiqué.

Rencontre ensuite avec M. Gil Friedman, attaché de sécurité intérieure à la DCI qui assure la liaison avec les autorités de police saoudiennes. Outre l’échange de renseignements, la France propose de nombreuses formations et de la collaboration de terrain (drogue, immigration illégale, ...), encore modeste.

En fin de matinée, M. Bertrand Besancenot, notre ambassadeur me reçoit en compagnie de M. Éric Giraud-Telme, premier conseiller. La France bénéficie d’un crédit politique certain dû à son attitude envers l’Iran et à un désamour des saoudiens envers les États-Unis.
Un des enjeux est de transformer ce crédit politique en crédit économique à travers la dizaine de milliards de dollars de financements promis.

Ensuite, réception à la Résidence de France (avec les conseillers consulaires, conseillers du commerce extérieur, associations françaises). C’est aussi l’occasion d’une cérémonie d’accueil des nouveaux Français (9). Nous chantons ensemble une belle Marseillaise.
Outre les représentants des grandes entreprises, je rencontre les représentants des associations de Français comme Mme Dominique Delbecq qui dirige la Maison des Français qui offre de nombreuses activités et prestations ainsi que M. Ahmed Figua, conseiller consulaire (un des trois élus due la circonscription).

L’après-midi est consacré aux questions consulaires avec M. Éric Giraud-Telme, Mme Muriel Poireault, Consule adjointe, M. Cédric Monnier, Responsable du service des visas, Mmes Sandrine Bernhart et Zohra Ouedraogo, Attachées consulaires.

La communauté compte 3000 inscrits à Riyad et autant à Djeddah. Elle est d’un bon niveau économique (difficile de faire autrement). Ainsi, il y a 42 bourses, et pas de demandes d’allocations sociales.
Les demandes de visa ont crû de 50% en un an à 70000, délivrés en 48 h avec le prestataire VFS.
On nous présente ensuite le plan de sécurité avec l’ilotage.

M. Jean-Louis Laveille, conseiller de coopération m’emmène visiter le site de Diryah, berceau des familles Saoud et Wahhab. Ces forts, détruits au début du XIXème siècle font l’objet d’une rénovation importante de manière de devenir de lieux de mémoire et d’idée nationale.

Le soir, présentation du livre de Mme Leila Nehme, archéologue, à la Résidence. Le thème en est la publication d’un très bel ouvrage sur les fouilles menées à Hégra, ville nabatéenne située en Arabie et similaire, en plus petit, à Petra avec des tombes façades creusées dans le schiste.

Lundi 25 janvier

Visite à Djeddah, capitale du Hedjaz et province de Médine et de la Mecque. Accueil par Notre Consul général, M. Patrick Nicoloso.

Nous nous rendons sur le site de construction de la nouvelle école française dans le Park Prince Sultan Cultural Center. Elle remplacera l’école française internationale de Djeddah actuelle qui fête ses 50 ans qui avec 1200 élèves, est au plein de ses capacités. Il s’agit d’un établissement en gestion parentale mais avec un accord MLF. Le budget annuel est de 10 millions d’euros entièrement financé par les écolages. Les frais de scolarité sont de 6 à 7000€ par an. Il y a une cinquantaine de bourses.
Mme Marie-Claude Abou Fadel, Présidente du Comité de gestion, et M. Christian Nonnenmacher, Proviseur, nous présentent le nouveau bâtiment qui sort de terre et qui recevra 1400 élèves. Le comité aura investi 12 millions de dollars (emprunt garanti par l’ANEF) plus une dotation en fonds propres.
La question d’un mur extérieur de sécurité qui n’est pas prévu dans le projet se pose. Je ferai le point à Paris.
Au total, un très beau projet qui doit voir le jour fin de l’année.

Nouvelle École française de Djeddah

Avec M. le Consul général, M. Hicham Baba Ahmed, Consul et M. Karim Maatoug, Attaché culturel, nous faisons le point des autres questions :

  • Une classe de soutien à Médine pour les élèves suivant le CNED (2 fois par semaine) qui vient de commencer (30 enfants dont 8 Français). Cette initiative des parents doit se développer pour devenir pérenne. Un projet FLAM serait approuvé.
  • La situation de salariés français de sociétés saoudiennes qui ne sont plus payés depuis plusieurs mois
  • L’antenne consulaire à La Mecque qui est installée pendant le mois du pèlerinage. Elle sert à aider les pèlerins français (40000) qui perdent leurs papiers ou qui sont souffrants. L’antenne coûte environ 15000€ par an. Il est utile qu’elle soit maintenue.

Le consulat général est aussi un centre important de délivrance de visas (70000).

Après une visite du centre historique de Djeddah en cours de réhabilitation, visite de l’Alliance française installée dans un grand centre commercial. Elle a été créée il y a 3 ans et reçoit 1200 élèves (500€ environ pour 40 h de cours).

Ensuite réception pour la communauté française à la Résidence de France qui me donne l’occasion de rencontrer les milieux d’affaires (grandes entreprises françaises et saoudiennes), la mission navale française auprès de la flotte de l’ouest qui suit en particulier la réhabilitation des frégates vendues par la France, des sociétés dans le domaine de l’armement et de la défense (plusieurs sont installées dans le sud proche de la frontière yéménite), la représentant de Business France, quelques PME dans la restauration, les galeries d’art ,... les associations de Français sont également représentées : la maison des Français, Français du Monde, l’UFE.

Le soir réunion avec le cercle des socialistes et débat sur différents thèmes d’actualité.

Mardi 26 janvier

Visite de l’École française internationale de Riyad.
L’École a été créée en 1976. Elle scolarise 1200 enfants dont une dizaine seulement d’enfants saoudiens. Le nombre d’inscrits à légèrement diminué cette année, dû sans doute à la chute du cours du pétrole. Les frais de scolarité sont de 7 à 9000 € par an.
L’établissement est conventionné par L’AEFE qui demande un taux de remontée de 73% sur les salaires et la prise en charge complète de l’ISVL.

L’École est sur un terrain qui ne lui appartient pas , avec un bail de 8 ans. Les loyers est de l’ordre de 1,2 million d’euros. Le comité de gestion, présidé par M. Hubert Babay, envisage un projet de rénovation majeure ou de construction d’une nouvelle école pour environ 13 millions d’euros dont 10/11 seraient financés par un prêt bancaire. L’achat du terrain n’est pas prévu mais mérite d’être considéré.
Une difficulté supplémentaire tient à ce que l’école n’a pas de statut juridique, les associations n’existant pas en Arabie saoudite.
Les parents d’élèves insistent sur la qualité nécessaire de la formation des maîtres.
Les représentants des enseignants, que je reçois ensuite, soulignent combien les enseignants français sont devenus une cible potentielle pour les terroristes et qu’il est nécessaire qu’ils puissent loger dans des logements sécurisés (genre compound).
Leur ISVL a subi en partie la baisse de parité de l’euro vis à vis du dollar, même si le comité de gestion fait un effort de compensation.
Pour les personnels sur contrat local, il n’y a pas d’assurance maladie ni de retraite. Une solution possible serait la mise en place d’un contrat de retraite collectif.

Visite à l’Alliance française dirigée par Mme Amina Hamad qui est aussi directrice générale des Alliance françaises d’Arabie saoudite. Avec 1200 apprenants, elle couvre ses dépenses mais la fin de contrats avec des ministères et l’armée sont préoccupants.

Déjeuner avec MM. Jean-Louis Laveille et Cyrille Le Déaut et discussion sur les actions de coopération dans le domaine scientifique et universitaire.

Puis, permanence au consulat où je reçois, avec Ahmed Figua, conseiller consulaire de Riyad, une dizaine de Français.

Le soir, très beau concert, de jazz arabe à la Résidence, avec une chanteuse algéro-française, Mamia Chérif et une formation jazz y composée d’un accordéon, un piano, une basse et une batterie.

Commentaires   

#2 Richard Yung 29-01-2016 10:34
Citation en provenance du commentaire précédent de Benyahia :
Le PIB de l'Arabie doit plutôt correspondre à 650 milliards de dollars.

Merci! C'est corrigé
#1 Benyahia 29-01-2016 09:52
Le PIB de l'Arabie doit plutôt correspondre à 650 milliards de dollars.