Arrivée le 28 à Phnom Penh avec ma collègue Claudine Lepage. Nous sommes accueillis par Mme Eva Nguyen Binh, notre ambassadrice au Cambodge.

Déjeuner à l’invitation de Mme Ty Borasy, sénatrice et présidente du groupe d’amitié France Cambodge. M. Oum Sarith, secrétaire général du Sénat cambodgien, y participe également. La coopération entre nos deux institutions fonctionne bien et chaque année, plusieurs sénateurs et responsables du Sénat participent à des cycles la de formation à Paris.
Nous évoquons les relations entre nos deux pays qui datent de la reconstitution même du Royaume en 1941, d’abord Quand Norodom Sihanouk devint roi, puis en 1953 lors de l’indépendance du Royaume suite aux Accords de Genève.
Les années 1980 et 1990 ont été des années de grande souffrance pour tout le peuple cambodgien et pour la famille royale. La France a aidé à la reconstruction du pays qui avait été complètement ravagé par la folie des Khmers rouges.
Malheureusement les récentes remises en cause des principes fondamentaux de la démocratie et des droits de l’homme, l’interdiction de certains partis politiques d’opposition, l’emprisonnement de leurs dirigeants, la remise en cause de la liberté de s’exprimer, obligent la France et les autres membres de la communauté européenne et internationale à condamner ces agissements.
Le gouvernement en outre crée de nombreuses difficultés pour les ONG qui viennent aider le pays.
Toutes violations graves des principes fondamentaux de la démocratie se sont aggravées ces derniers temps avec la mise en prison de Kem Sokha, Président du PSN, principal leader de l’opposition, l’interdiction du journal The Cambodia Daily et de Radio Free Asia.
Elle demande un retour à la démocratie normale et ne peut accepter le résultat des prochaines élections prévues en juillet 2018. Dans les conditions actuelles, il ne sera pas possible de leur accorder la moindre valeur démocratique et politique.
Le Cambodge trouve appui auprès de la Chine sur le plan économique et aussi sur celui des relations internationales, appuyé aussi par la Russie. Mais cela l’éloigne des démocraties, en particulier de l’Europe et de la France.

L’après-midi, nous visitons le Lycée Français René Descartes avec M. Guillaume Froeschel, proviseur, M. Yann Hervo, Président de l’Association des parents d’élèves, M. Bernard Millet, directeur de l’Institut Français, M. Serge Bellini, attaché de coopération pour le français, Mme Mathilde Teruya, première secrétaire de l’ambassade. L’établissement compte près de 1000 élèves dont 300 dans le secondaire et deux tiers de Cambodgiens ou Franco-Cambodgiens. Les frais de scolarité sont de 5000 à 8000 dollars. Il y a peu d’enseignants résidents, la grande majorité étant en contrat local. À noter plusieurs beaux investissements pédagogiques et sportifs.

Je me rends ensuite à l’AFD dirigée par M. Philippe Steinmetz et Mme Anne Chapalain.
Nous faisons le point sur leurs activités : culture du riz, hévéa, industries textiles, développement rural, ... le pays est redevenu exportateur net de riz pour 500.000 tonnes et veut encore développer ce secteur. Le textile est plus fragile car il s’agit d’assemblage et d’activités à faible valeur ajoutée.
Globalement, Les relations d’affaire sont bonnes et les cambodgiens sont de bons payeurs.

Le soir nous offrons une réception à la communauté française à la Résidence de France que Mme l’ambassadrice a bien voulu mettre à notre disposition.
C’est l’occasion pour nous de rencontrer, autour d’un buffet cambodgien que nous offrons, de nombreux membres de cette communauté si diverse.

Le jeudi 1er mars

Un premier rendez-vous avec Mmes Moni Kong et Ly Salim ainsi que plusieurs de leurs collègues du Bureau des affaires internationales et de la francophonie du Senat.
M. Serge Bellini, attaché de coopération pour le français est présent. Nos amis cambodgiens insistent sur la qualité de la coopération avec le Sénat français qui les aide pour la recherche de la documentation législative et pour la formation.

Je me rends ensuite à une rencontre avec M. Charles-Henri Chevet, manager du Sofitel, M. Philippe Chatignoux, chef du service économique et Mme Camille Louyot, attachée économique et commerciale. C’est l’occasion de faire le point sur la situation économique du Cambodge qui est bien orientée avec une croissance entre 6 et 7 %, un endettement assez faible et un taux d’investissement important (capitaux chinois en particulier).
En parallèle, les recettes fiscales s’améliorent. Le vrai pari pour le gouvernement est de diversifier les activités économiques pour ne pas dépendre de la seule industrie textile.

Déjeuner ensuite à la Résidence de France avec la Princesse Norodom Buppha Devi, directrice du ballet royal, le Prince Sisowath Tesso, Mme l’ambassadrice, M. Xavier de Lausanne qui réalise un film sur le Ballet royal, M. Bernard Millet, directeur de l’Institut Français. Le ballet sera à Paris, à la Philharmonie, mi-mai et présentera de nouvelles chorégraphies.

Rencontre avec la Chambre de commerce et d’industrie France Cambodge CCIFC avec M. Guillaume Masson, Président, Mme Élodie Barria, directrice exécutive, MM. Djamel El Akra, Éric Mousset, Blaise Kilian, Denis Blosse, Romain Lakrafi (BRED), membres du Conseil d’administration.
La Chambre de commerce française est intégrée à l’Eurocham.

Visite ensuite de la BRED qui s’est installée il y a deux ans et qui souhaite constituer un réseau d’agences faisant de la collecte d’épargne.

Le soir, dîner, financé par Claudine Lepage et moi-même, avec M. Chhiv Yiseang, Président du Conseil pour la promotion de la francophonie au Cambodge, M. Samedy Sivathana, Président de l’Association des professeurs de français au Cambodge, Mme Cheng Chandevy, architecte, vice rectrice de l’Université royale des Beaux-Arts, Mme Khuon Vichheka , directrice générale de l’enseignement scolaire, M. Touch Franck, directeur de Khmer Devi et KiGi data.
Mme l’ambassadrice, M. Serge Bellini participent également à ce dîner à la Résidence, aimablement prêtée pour l’occasion.
Les débats tournent essentiellement autour de la francophonie : bourses d’études, formation des maîtres de français, promotion de programmes culturels, ...

Le 3 mars, université d’Asie de Français du monde au lycée hôtelier de Sala Bai.

Présentation du lycée hôtelier de Sala Bai : 1500 jeunes formés depuis 10 ans, enfants de familles défavorisées, tous les frais de scolarité et de vie sont pris en charge par l’association Sala Bai. Une centaine de travailleurs sociaux font la sélection.
À comparer avec les 3 autres écoles professionnelles dont celle de Paul Dubrule (mais payante). Infrastructures financées par des levées de fond : France, Singapour, Australie. Donateurs, fondations privées. Prêt de l’AFD : 500000€ pour les internats.

Présentation de l’association Anvaya par Borin Pin (Président), créée en 2010 pour permettre aux Cambodgiens de la diaspora de participer au développement du pays.
Vivier de professionnels bilingues, réseau de professionnels, initiatives entrepreneuriales. Également encouragement à la participation à des épreuves sportives et culturelles.

Présentation par Danièle Toulemont, déléguée internationale, de l’association AGIRabcd et de son organisation à l’international : missions ponctuelles, projets de co-développement. 1800 intervenants possibles, essentiellement en Afrique, dans le bassin méditerranéen. Participent également SAR la princesse Sylvia Sisowath, Jean-Pierre Chenu.
Il y a un projet d’accord entre AGIRabcd et Français du monde.

En début d’après-midi, présentation des activités de la section de Tokyo par François Roussel et Sublime. Je présente aussi nos actions en faveur des enfants Franco-japonais en cas de séparation des parents français et japonais.

Commentaires   

#6 Romel 22-03-2018 13:38
Le PM cambodgien fait des remarques sur l’utilisation de la langue française dans le pays

AKP Phnom Penh, le 22 mars 2018 –(Agence Khmere de Presse, organe officiel)

Samdech Akka Moha Sena Padei Techo Hun Sèn, Premier ministre du Royaume du Cambodge, a noté le déclin de l’utilisation de la langue française dans le Royaume, une nation francophone.

Le chef du gouvernement royal a fait ces remarques lors de la cérémonie de remise des certificats de fin d’études à 1.630 étudiants de l’Institut national de l’Education, après qu’il n’ait trouvé aucun professeur de français dans la liste des diplômés d’aujourd’hui.

Le français a été autrefois une langue étrangère majeure au Cambodge, mais tout est différent maintenant, a-t-il dit, soulignant que certaines écoles et universités et d’autres établissements de l’enseignement supérieur utilisent maintenant l’anglais au lieu du français.

Samdech Techo Hun Sèn a également remarqué la diminution du nombre de personnes parlant français au Cambodge, la plupart d’entre eux sont des gens âgés.

Actuellement, dans le monde, environ 274 millions de personnes parlent français. C’est la cinquième langue la plus parlée, après le mandarin, l’anglais, l’espagnol et, suivant les estimations, l’arabe et l’hindi.
#5 Romel 21-03-2018 14:14
SUITE
Vous a-t-on dit, monsieur le Sénateur, que l'Institut français (et avant lui l'Alliance française puis le Centre Culturel Français) ne tient pas de statistiques de ce que deviennent ses étudiants?
Des milliers d'élèves passent par cette institution et personne ne sait où ils se dirigent ensuite et comment les "fédérer"? Les besoins en fonctionnaires francophones dans la fonction publique cambodgienne sont énormes et non remplis. Le ministère des Affaires étrangères en est la parfaite illustration. Les dysfonctionneme nts de ce système ne sont pas imputables à la partie cambodgienne.
Je sais que vous n'avez pas rencontré les bonnes personnes. Un rideau de fumée d'une parfaite efficacité.
#4 Romel 21-03-2018 14:03
Monsieur le Sénateur, voici donc encore une visite de parlementaire (5étoiles pour l'hôtellerie) qui repart sans rien laisser, sans rien signer, sans même rêver tout haut d'une ambition entre nos deux pays. Mais c'est vous, monsieur le sénateur qui poussez ce pays et d'autres dans les bras de la Chine. Avec le coût de votre arrogante et inutile visite, il était possible de financer un stagiaire d'enseignement au lycée agricole, de financer un stage en France d'étudiant, de financer deux ou trois professeurs cambodgiens de français, d'équiper de petits matériels plusieurs laboratoires de santé publique en province...
Que la France n'ait plus les moyens d'entretenir une coopération comme elle le faisait voici 30 ans, le monde entier ne le sait hélas que trop. La mauvaise gestion des finances publiques est la première atteinte à l'exercice de la démocratie. Gardez vos leçons en la matière.
SAR la princesse Buppha Dévi sera cette année à Paris: que va faire le Sénat (cette "maison si riche" comme l'appelait l'un de ses présidents, un très bon ami) pour marquer ce magnifique évènement ? Est-ce trop demander un petit budget pour aider à la confection des costumes, des masques, des accessoires... das la bibliothèque du Sénat, n'avez-vous pas quelque vieil ouvrage qui traiterait de ballet khmer à l'époque de son passage à Paris lors de la visite du Roi Sisowath, une visite d'une ampleur rarement égalée, qui avait fait vibrer le cœur de Rodin? Ou faudra-t-il hélas, 3 fois hélas, encore solliciter la Chine ? Merci d'avance pour tout ce que vous pourrez concrètement faire. Par ailleurs, vous en conviendrez, comment promouvoir la Francophonie avec une France absente dans le paysage khmer ?
#3 bourzai bernadette 20-03-2018 12:41
bonjour Richard
heureuse d'avoir eu plein de nouvelles du Cambodge dont j'atais vice presidente du grouped'amitie.
heureuse aussi de constater que Madaùe Ti BOrassi est toujoujs a la tache
merci
#2 Laurent pierre 20-03-2018 11:49
Bonjour
Votre rapport sur votre séjour au Cambodge est très intéressant et instructif.

Cependant connaissez vous une personne française ou cambodgienne capable de vous amenez à voir ce que personne ne montre, par ignorance ou par calcul.je veux parler des parcs industriels dans. Lesquels vivent des dizaines de milliers de salariés de l industrie de l habillement.
Si vous deviez revenir un jour je peux vous rendre ce service.
Respectueuses salutations et succès dans votre mission.
#1 Blondel 20-03-2018 11:12
Personne dans ce monde n’est capable de répondre à la question du durcissement sans précédent des conditions d’obtention du visa 1 an au Cambodge cela au mois d’octobre 2017. Désormais c’est la liste de prevert pour obtenir le sezame ou pas moins de 10 documents sont nécessaire !!
Vous sénateur que comptez vous faire ?
La députée en place dit s’en occuper cependant rien et encore rien
Je comble est que l’ambassade de France dit ne pas avoir été informé de ces changements!