Les 11 fabricants locaux ont dû pâlir lorsqu’ils ont découvert – quelques mois après avoir reçu la visite d’une délégation de soixante-dix professionnels chinois du tourisme dans la boutique-musée – qu’un industriel de la région de Shanghai venait de déposer la marque « Calissons d’Aix » auprès du Sipo, l’équivalent de notre Institut National de la Propriété Industrielle (INPI).

Comme la plupart de mes concitoyens j’ai récemment pris connaissance par voie de presse de la création de ce « méga-fichier » compilant les données personnelles et biométriques de tous les détenteurs d’une carte d’identité ou d’un passeport, soit 60 millions de Français, la quasi-totalité de la population. Un fichier numérique, baptisé « Titres électroniques sécurisés » (TES) rassemblant les informations que chaque français de plus de 12 ans fournit lorsqu’il fait une demande de passeport ou de carte d’identité. Mais également des renseignements concernant le lieu de domicile, la filiation de la personne, l’image numérisée du visage et celle de la signature, le document attestant de la qualité du représentant légal lorsqu’il s’agit d’un mineur, ou encore l’adresse électronique...

Un mot pour dire que les temps sont difficiles pour ceux qui, comme moi, se sont engagés pour une certaine idée du socialisme et pour l’Europe fédérale. On a l’impression que le cycle historique commencé en 1968 s’achève aujourd’hui dans les décombres fumants d’une France et d’une Europe ouvertes à tous les nationalismes et à tous les populismes.