Mardi soir préparation du Conseil européen de Copenhague. Nous commençons à 22H30, après une longue journée de débat et de vote sur le budget 2010. Fatigue donc, pour tous et un hémicycle quasiment vide : une demi-douzaine de sénateurs UMP et centristes, un socialiste, deux communistes.

C’était le sujet de ce week-end avec le congrès du Modem à Arras où François Bayrou prône une large alliance de la gauche socialiste, des Verts et des centristes auxquels pourraient s’ajouter quelques gaullistes en rupture de ban. Plus important, il y a rendu public les grandes orientations de son programme politique : pour une partie, trop général pour marquer les différences gauche-droite (développement durable, contrôle des finances publiques, limite à l’endettement, …) et, sur certains points, plus proche de nos idées: sur les questions de société, sur l’immigration, sur l’Europe. Un débat à mener avec le Modem pour clarifier les positions des uns et des autres.

Une information qui est passée inaperçue dans le tohu-bohu de l’actualité : le rétablissement d’un État féodal sur l’île de Sark ou Sercq. La chambre des lords siégeant comme Cour suprême a en effet récemment annulé l’établissement d’un système politique électif et démocratique sur cette petite île, dépendance de Jersey.

Nous avons reçu récemment Laurent Fabius au groupe socialiste au Sénat pour parler de la réforme des collectivités territoriales. Cette réforme consiste en plusieurs textes souvent complexes qui couvrent la modification du calendrier électoral pour les conseillers régionaux et généraux, l’élection de conseillers territoriaux qui seront tout à la fois conseillers généraux et régionaux, le redécoupage des cantons. A cela il faut ajouter la réforme de la taxe professionnelle qui devra être compensée par les taxes locales.

La Suisse nous a surpris par un vote très net avec près de 60% de ses citoyens hostiles à l’érection de nouveaux minarets. Les sondages d’opinion avaient prédits le contraire (nouvelle leçon à retenir) et ce qu’on appelle « l’establishment » (les grands partis sauf l’UDC, les syndicats, les églises, les milieux d’affaires) avaient appelé à voter contre l’initiative du député Oskar Freysinger, comme cela avait été le cas pour le referendum du la constitution européenne en France.

Comment débattre avec un ministre anciennement socialiste et rallié à Sarkozy ?

Nous sommes dans le vote du budget, jour et nuit. Vendredi j’ai pu intervenir sur deux ministères : l’administration pénitentiaire et l’immigration, Jean-Marie Bockel et Éric Besson, deux transfuges du PS. Cela complique bien sûr la tâche car il y a un sentiment de malaise, une gêne pour eux qui se sont salis dans cette trahison de leurs valeurs et de leurs idées. Ils expliquent qu’il n’en est rien et qu’au contraire ils sont, eux, constants dans leurs convictions mais chacun sent que les objectifs politiques de Sarkozy qui sont, je le répète, très construits sur le plan idéologique, ne sont en aucun cas ceux de la social-démocratie ou du socialisme européen, c'est-à-dire les nôtres. Il n’y a aucune confusion possible.

europeIl semble que le Gouvernement ait tranché la question de la désignation des deux députés européens supplémentaires pour la France. Ce sera une désignation par l'Assemblée nationale et ces députés ne seront que des observateurs au Parlement européen puisque non élus ! Une bien mauvaise méthode pour la démocratie européenne. À suivre....