hémicycle

L’actualité du parlement – Sénat et Assemblée nationale – est particulièrement riche. La réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 en a accéléré le rythme. Le gouvernement ne nous laisse pas le temps de débattre sereinement et nous restreint souvent au rôle de chambre d’enregistrement, comme l’a montré l’exemple de la loi sur les retraites. Un bémol cependant, il fait trainer certains textes afin de leur assurer une certaine couverture médiatique, c’est le cas notamment des lois relatives à la sécurité, ainsi que celles relatives à l’immigration.

Cette course perpétuelle n’empêche pas d’avoir envie de commenter cette actualité parlementaire agitée, vous trouverez ici mes articles sur ce point.

Hier au Sénat se sont tenues les Assises de la prostitution organisées par le Collectif « droits et prostitution ». C’est une excellente initiative qui tranchait un peu avec le public habituel du Sénat. Plusieurs collègues sénateurs ou plutôt sénatrices y ont participé.Grand succès puisque la salle Monnerville était pleine, de nombreuses organisations de tout genre  étaient présentes y compris le Strass (syndicat les travailleurs du sexe), fondé il y a un an lors des assises qui s’étaient tenues à l’Odéon à auxquelles Michèle André et moi avions assisté.

J’étais hier soir à l’avant-première du film de Jean Michel Carré intitulé « Les Travailleu(r)ses du sexe », et l’affiche ajoute « et fières de l’être ». Cela se passait au cinéma des Cinéastes, avenue de Clichy, qui est un de ces vieux et charmants cinémas, propriété de la société professionnelle des cinéastes.

Ce matin j'ai participé à la réunion à la réunion du Forum NetExplorateur. Il s’agit d’un groupe informel, fondé par deux personnalités enthousiastes, Martine Bidegain et Thierry Happe, qui essaye de sentir l’évolution des applications sur le Net (ce qu’on appelle 2.0) et d’en dégager, avec l’aide de sociologues et d’épistémologues, dont l’excellent Bernard Cathelat, des enseignements pour l’avenir. C’est passionnant et plein de richesses.

Nous avons reçu récemment Laurent Fabius au groupe socialiste au Sénat pour parler de la réforme des collectivités territoriales. Cette réforme consiste en plusieurs textes souvent complexes qui couvrent la modification du calendrier électoral pour les conseillers régionaux et généraux, l’élection de conseillers territoriaux qui seront tout à la fois conseillers généraux et régionaux, le redécoupage des cantons. A cela il faut ajouter la réforme de la taxe professionnelle qui devra être compensée par les taxes locales.

Comment débattre avec un ministre anciennement socialiste et rallié à Sarkozy ?

Nous sommes dans le vote du budget, jour et nuit. Vendredi j’ai pu intervenir sur deux ministères : l’administration pénitentiaire et l’immigration, Jean-Marie Bockel et Éric Besson, deux transfuges du PS. Cela complique bien sûr la tâche car il y a un sentiment de malaise, une gêne pour eux qui se sont salis dans cette trahison de leurs valeurs et de leurs idées. Ils expliquent qu’il n’en est rien et qu’au contraire ils sont, eux, constants dans leurs convictions mais chacun sent que les objectifs politiques de Sarkozy qui sont, je le répète, très construits sur le plan idéologique, ne sont en aucun cas ceux de la social-démocratie ou du socialisme européen, c'est-à-dire les nôtres. Il n’y a aucune confusion possible.