hémicycle

L’actualité du parlement – Sénat et Assemblée nationale – est particulièrement riche. La réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 en a accéléré le rythme. Le gouvernement ne nous laisse pas le temps de débattre sereinement et nous restreint souvent au rôle de chambre d’enregistrement, comme l’a montré l’exemple de la loi sur les retraites. Un bémol cependant, il fait trainer certains textes afin de leur assurer une certaine couverture médiatique, c’est le cas notamment des lois relatives à la sécurité, ainsi que celles relatives à l’immigration.

Cette course perpétuelle n’empêche pas d’avoir envie de commenter cette actualité parlementaire agitée, vous trouverez ici mes articles sur ce point.

Comment débattre avec un ministre anciennement socialiste et rallié à Sarkozy ?

Nous sommes dans le vote du budget, jour et nuit. Vendredi j’ai pu intervenir sur deux ministères : l’administration pénitentiaire et l’immigration, Jean-Marie Bockel et Éric Besson, deux transfuges du PS. Cela complique bien sûr la tâche car il y a un sentiment de malaise, une gêne pour eux qui se sont salis dans cette trahison de leurs valeurs et de leurs idées. Ils expliquent qu’il n’en est rien et qu’au contraire ils sont, eux, constants dans leurs convictions mais chacun sent que les objectifs politiques de Sarkozy qui sont, je le répète, très construits sur le plan idéologique, ne sont en aucun cas ceux de la social-démocratie ou du socialisme européen, c'est-à-dire les nôtres. Il n’y a aucune confusion possible.

Nous commençons aujourd’hui le débat sur la Poste, avec retard ayant bataillé ferme sur la loi ouvrant la concurrence dans le domaine du transport ferroviaire. Officiellement il s’agit de transcrire une directive européenne (dite 3ème directive, de 2008) qui doit permettre plus de concurrence entre les services postaux et qui met fin aux monopoles des services nationaux (la Poste, Royal Mail, Deutsche Post, ...), certains pays l’ayant déjà anticipé.

Ce matin, au Sénat, audition du nouveau Secrétaire d’État aux affaires européennes, Pierre Lellouche. C’est un homme jeune, dynamique et qui connait ses dossiers. Il est de plus sympathique, ce qui le rend différend de son prédécesseur, Bruno Le Maire qui faisait assez  maître d’école. Sans doute est ce parce qu’il s’est frotté, à plusieurs reprises, au suffrage universel dans le Ixième, même si c’est sans succès contre l’ami Jacques Bravo (maire PS du IXème).

D’après le Figaro du 31 août, le gouvernement aurait l’intention de remettre en cause, voire de supprimer, la disposition du projet de loi pénitentiaire qui prévoit que les peines inférieures à deux ans – au lieu de un an actuellement – devront être soumises au juge d’application des peines pour aménagement (semi-liberté, placement à l’extérieur, placement sous surveillance électronique, fractionnement).