Nous étions réunis, Parlements nationaux et Parlement européen les 3 et 4 février, pour ce qui s’appelle, un peu pompeusement, la « conférence interparlementaire sur la gouvernance économique et financière de l’Union européenne ».

À BruxellesIl s’agit de faire en sorte que les Parlements nationaux qui tirent leur première légitimité du vote du budget et des impôts, soient associés aux décisions prises par l’Union dans ces domaines. Tous les pays membres sont présents, souvent avec deux chambres, donc plus de 300 personnes. C’est évidemment très lourd et assez formel. Sur le fond, beaucoup de discours, quelques idées intéressantes, mais peu de propositions qui permettent aux Parlements nationaux de jouer un rôle dans la préparation des recommandations de la Commission en matière budgétaire et dans leur mise en œuvre. Le Parlement européen de son côté veille à préserver son rôle en tant qu’élu au suffrage universel.

Concurrence ou autre chose, il est clair que nous n’avançons guère pour régler ces questions : les Parlements nationaux ont le sentiment qu’ils ne maîtrisent plus les choix et les décisions de politique économique et financière. Les choix budgétaires sont très encadrés par les objectifs fixés par la Commission européenne : les fameux 3% de déficit, l’inflation en dessous de 2%, le niveau de dette, ...

La politique monétaire est essentiellement du ressort de la Banque centrale européenne, au statut indépendant. Que reste-t-il aux gouvernements et, encore plus aux parlements ? Cet état de fait est ressenti par l’opinion publique et contribue à dévaluer la politique et les élus, contribuant à l’euroscepticisme et au populisme. C’est une situation à laquelle il faut mettre fin urgemment en créant un gouvernement économique et financier de l’Union et plus précisément de la zone euro, avec un ministre responsable, un Trésor européen et des modalités de contrôle démocratique.

NB. Un point positif : la longue et intéressante discussion sur le plan d’investissement européen, dit plan Juncker. Ses modalités, les projets à financer, les contributions supplémentaires des États.

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