L’OCDE (L’Organisation de coopération et de développement économique) a de nouveau encouragé en début de semaine ses États membres à « prendre des initiatives budgétaires expansionnistes (…) pour aider l’économie mondiale à sortir de la croissance molle dans laquelle elle se trouve aujourd’hui piégée ». Une volonté partagée depuis plusieurs mois, si ce n’est plus, avec le Fonds monétaire international (FMI), et que la Commission européenne commence à marteler depuis quelque temps.

Austérité vs Relance

Une étude des périodes de grandes restrictions budgétaires (173 périodes budgétaire dans 17 pays développés, membres de l’OCDE, entre 1978 et 2009) montre que la baisse des dépenses exerce un effet dépressif. Publiée début 2013 par des membres du FMI, elle conclut qu’elles sont généralement caractérisées par une baisse de l’activité et un accroissement du chômage. Elle souligne que les politiques de relance en temps de crise sont malheureusement sous-estimées et que ces effets peuvent être deux à trois fois plus importants sur l’activité dans un contexte de récession ou de stagnation que dans un contexte de croissance régulière.

Côté Commission, le président Jean-Claude Junker a récemment déclaré : « la Commission recommande aujourd’hui une orientation budgétaire positive pour soutenir la reprise et la politique monétaire de la Banque centrale européenne, qui ne doit pas assumer seule tout le poids des efforts. Chaque État membre doit apporter sa pierre à l’édifice : ceux qui peuvent se le permettre doivent investir davantage, tandis que ceux qui ont moins de marge de manœuvre budgétaire doivent poursuivre leurs réformes et un assainissement budgétaire propice à la croissance ».

L’Europe connaît une reprise fragile mais relativement tenace et indéniablement créatrice d’emplois. Son PIB se maintient désormais à un niveau plus élevé qu’avant la crise. Le chômage recule et les investissements progressent à nouveau. Néanmoins, il n’y a pas de quoi céder au triomphalisme. Des facteurs qui jusqu’à présent soutenaient la reprise s’amoindrissent. Et certaines conséquences de la crise – à l’instar de l’impact social, des niveaux élevés d’endettement public et privé et de la part élevée des prêts improductifs – persistent.

Investir dans des secteurs porteurs

La Commission appelle par conséquent les États membres à redoubler d’efforts en respectant les principes du « triangle vertueux » combinant poursuite des réformes structurelles, relance des investissements et mise en œuvre de politiques budgétaires responsables, le tout en mettant l’accent sur l’équité sociale et la mise en place d’une croissance plus intégratrice. Ces investissements doivent être utilisés dans des secteurs phares qui tirent la croissance. Il s’agit, d’après l’OCDE, des investissements dans les infrastructures de grande qualité, l’innovation, l’éducation et les compétences, qui contribuent également à rendre la croissance plus inclusive. Alors que la zone euro s’accroche à une croissance molle (1,6 % en 2017 et 1,7 % en 2018 selon l’OCDE), « plusieurs pays » disposent d’une marge nécessaire pour relancer les investissements ou pour baisser les impôts, a souligné Catherine Mann, chef économiste de l’OCDE, qui appelle tous les pays à agir « collectivement ». Parmi ces États, on compte l’Allemagne qui dégage de colossaux excédents budgétaires. Mais Berlin ne semble malheureusement pas sensible à ces appels du pied émis par l’OCDE depuis maintenant plusieurs années. Il serait pourtant utile que l’Allemagne stimule davantage sa demande intérieure et l’investissement via une mobilisation de ses excédents budgétaires.

L’Évaluation des projets de plan budgétaire

La Commission a également terminé d’examiner la conformité les projets de budget 2017 des États membres de la zone euro aux les dispositions du pacte de stabilité et de croissance.

En ce qui nous concerne, la France fait partie des trois pays relevant actuellement du volet correctif du pacte (c’est-à-dire faisant l’objet d’une procédure concernant les déficits excessifs). Le projet de budget français est jugé, dans l’ensemble, en adéquation avec les exigences à respecter pour 2017 dans le cadre du pacte. La France a une politique budgétaire équilibrée. La réduction du déficit n’a pas eu pour effet de casser dans l’œuf la croissance, Une preuve supplémentaire de l’efficacité de la politique budgétaire du gouvernement actuel, qui risquerait d’être mise à mal si les Français décidaient de laisser Fillon réduire la dépense publique de 100 milliards d’euros.

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