Un jour après le vote du Conseil de Paris en faveur de la candidature de la capitale aux JO de 2024, le Premier ministre devrait nommer ce mardi 14 avril 2015 Pascal Lamy délégué interministériel chargé de superviser la candidature de la France à l’Exposition universelle de 2025. Hasard du calendrier ou mise en scène savamment orchestrée ? Qu’importe ! Ces deux nouvelles sont excellentes pour notre pays.

Coq gauloisIl ne faudrait pas croire que ces candidatures se feraient concurrence ni qu’elles seraient le signe d’une tentative désespérée d’obtenir à tout prix l’organisation d’un grand évènement en multipliant ses chances. Chacune repose sur un projet unique, qui répond à des exigences spécifiques fixées par le CIO pour les JO et le BIE pour l’Exposition universelle. Chacune a des finalités et des ambitions propres et s’appuie sur un réseau d’acteurs professionnels différents (sportifs d’un côté, économiques, scientifiques et culturels de l’autre). Loin d’être incompatibles, elles sont donc complémentaires. Les Français l’ont d’ailleurs bien compris : ils sont favorables aux deux candidatures, selon un sondage publié ce dimanche par Le Parisien.

Si elles ne doivent pas être confondues, ces deux initiatives devront en revanche s’inscrire dans un processus identique de construction faisant appel à la population, aux élus locaux et aux pouvoirs publics afin de nourrir un projet qui tienne compte de tous les enjeux socio-économiques, environnementaux, territoriaux ou culturels. Car la clé de la réussite réside en premier lieu dans la capacité à dégager un consensus autour d’un projet qui bénéficie d’un très large soutien populaire.

J’en suis persuadé : à condition d’éviter les dérives mégalomanes et ruineuses (voir Sotchi) qui ne provoquent au mieux qu’une très éphémère euphorie, de tels projets sont porteurs de grandes avancées pour la population. Au-delà de leur impact économique toujours discuté car impossible à chiffrer, ces grands projets sont avant tout l’occasion de mettre en œuvre une politique de rénovation urbaine (offre de logements, de transports, d’équipements, etc.) qui s’inscrit dans une stratégie de désenclavement de certains territoires et de transition énergétique. Je n’oublie pas non plus ce qu’ils peuvent apporter pour l’unité d’un pays et son rayonnement dans le monde.

Il faudra bien sûr rester vigilant et conscient de la difficulté qui nous attend. Les leçons des échecs successifs de la candidature de Paris pour les JO de 2008 et 2012 doivent être tirées. Même si la France a raison de porter une ambition universelle et de montrer sa capacité à organiser de grands évènements (comme elle le fera en décembre avec la conférence sur le climat), il ne doit y avoir aucune arrogance dans notre démarche.

Reste que 100 ans après les JO organisés à Paris en 1924, il est normal d’espérer que les Jeux d’été reviennent enfin au pays de Coubertin. Et pourquoi ne pas rêver d’un alignement des astres avec l’Exposition universelle l’année suivante ?

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