Ce très bon résultat pour le PS (30%) au premier tour des régionales, ce score de plus de 50% pour la gauche, pour la première fois, sous la Vème République sont à saluer après les résultats mauvais des derniers scrutins et les polémiques internes qui suivent toujours les échecs. Ne boudons donc pas notre plaisir mais brièvement car il faut surtout préparer et gagner le deuxième tour, le 21 mars. Pour cela il nous faut négocier avec nos partenaires de la gauche, Europe Ecologie et le Front de gauche.

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Ceci est possible avec un PS et des Écologistes tous deux à un haut niveau. Nous retrouvons là ce qu’était la configuration avant l’effondrement du PCF et dans une situation qui rappelle celle de l’Allemagne avec un SPD et des Grünen forts, à l’époque de Schroeder et de Fischer. La règle naturelle est que le parti qui a obtenu le meilleur score ait la main, c'est-à-dire la tête de liste et une majorité de celle-ci. En même temps, je pense que le PS doit se montrer ouvert à ses partenaires, non dominateur. Par exemple, il ne serait pas déraisonnable qu’Europe Écologie ait une tête de liste et donc un(e) Président(e) de région. De même, sur le plan programmatique, il nous faut intégrer certaines propositions écologiques par exemple dans le domaine des transports. Le message des Français, de ce point de vue, est clair : ils condamnent les tentatives de suppression des régions et des départements, la reprise en main par les préfets et la mise à mort de la décentralisation que prépare la majorité. Il faut aussi croire que le bilan des présidents sortants est considéré comme positif puisque la gauche est en tête dans presque toutes les régions. Ainsi l’élection régionale deviendrait aussi un laboratoire de préparation aux élections nationales, législatives et présidentielles. Car, et je l’ai souvent écrit, nous ne devons pas nous contenter de gagner et gérer nos conseils municipaux, généraux et régionaux et de les ériger en contrepouvoirs du gouvernement. Certes l’action sociale et éducative qui est menée vient compenser, en partie, les ravages humains de la politique sarkozienne. Mais nous devons surtout affirmer notre ambition de gouverner la France et d’apporter des solutions de gauche aux grandes questions auxquelles nous sommes confrontés : reprise économique, justice fiscale, retraite, solidarité, ..... La majorité doit tirer des leçons de ce scrutin :

  • Personne ne veut se rassembler avec l’UMP au deuxième tour : pourquoi ? Parce que le caporalisme de Sarkozy qui prétendait unir la droite structurellement de Villiers aux radicaux a fait long feu.
  • Le siphonage des voix FN n’a pas marché (il fait 12%) parce qu’Éric Besson a bien rallumé le feu du nationalisme et de l’exclusion. C’est aussi l’expression du désarroi du monde rural.
  • Le chômage et les bas salaires, le toujours plus d’impôts, les Français n’en veulent plus et ne croient plus le Président sur ces questions.

Notre principal adversaire pour ce second tour est bien identifié : c’est l’abstention, en particulier des jeunes et des milieux populaires, c'est-à-dire la base de l’électorat socialiste. Le taux très élevé des abstentions de ce premier tour montre qu’un Français sur deux ne croit guère que la politique puisse trouver des solutions durables. Nous en sommes tous en partie responsables mais le torrent verbal et législatif de Nicolas Sarkozy couvrant tous les domaines sans jamais en traiter un, y a plus que son compte. Pour faire conforter ce message d’encouragement clair à la gauche et cette défiance à la droite, renforçons nos votes dimanche prochain.

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