12 à 10 au rugby, 48 jours pour le tour du monde à la voile, 21 régions à une : trois grands chelems en un weekend, c’est revigorant ! À la suite du scrutin du 14 mars, 12 triangulaires avec le Front national, une avec le Modem, une quadrangulaire avec les autonomistes corses, 8 duels gauche-droite étaient à gagner. Les résultats vous les connaissez :

  • france-rose20 régions ont une majorité de gauche qui gagne la Corse, l’Alsace reste à droite et le Languedoc-Roussillon dans le populisme.
  • Globalement, la gauche pèse 55% des suffrages exprimés, le droite 36% et le FN 9%, ce qui est une mesure encourageante des rapports de force malgré le score du FN dans certaines régions.

Tous les ministres qui étaient candidats ont été sèchement battus, ce qui est un message clair au gouvernement. En outremer, la Guadeloupe si chère au cœur de Mme Penchard, ministre de l’outre-mer, avait confirmé la majorité de gauche la semaine dernière. En Guyane un tour de passe-passe pas très honnête permet à un exclus du PS (il n’y a pas que Frêche !) d’être investi par l’UMP contre Christine Taubira (MRG-DVG) : résultat donc douteux. À la Réunion le potentat local, Paul Vergès, refuse l’union des gauches et se fait battre par la droite. La Martinique reste à gauche. Un encouragement net pour le PS et pour la gauche à qui le pays a gardé une confiance certaine. Le plaisir de voir ainsi rabattu le caquet des Lefebvre, Bertrand, Estrosi. Mais pas de glorification ni encore moins de triomphalisme. Certes c’est une excellente chose que les exécutifs régionaux soient de gauche : ils peuvent, en partie, pallier les dégâts de la casse sociale et humaine sarkozienne. Mais, et je l’ai écrit à de nombreuses occasions, le PS ne peut se contenter de gérer les collectivités territoriales. Il a vocation nationale et européenne. Il doit donc se mettre en position de gagner les élections nationales à commencer par la première d’entre elles, la présidentielle. Et pour cela, il doit non seulement refaire son projet politique et ses propositions au pays mais il doit créer un mouvement social qui accompagne la démarche politique. C’est une des fonctions essentielles du parti : assurer la jonction entre les deux mouvements. Les conventions thématiques dont le calendrier pour 2010 et 2011 a été publié devraient lancer un nouveau projet socialiste et européen, préciser les modalités de la primaire et donner dynamisme à l’union des gauches rose-verte-rouge. Il faut en même temps que les sections s’engagent bien davantage dans la vie militante et associative. Ce n’est pas à moi de développer ce que cette défaite humiliante vaut pour la droite. Je retiens, car c’est intéressant pour nous, que l’union de toutes les droites sonne le glas de la majorité électorale. Faire disparaître l’UDF, qui était l’expression d’une des deux grandes familles des droites en France, a été une erreur fatale. Seconde observation : attendons-nous au pire. L’enseignement que la droite tire de ces élections, c’est la nécessité de revenir, comme ils disent, « aux fondamentaux ». Entendez par là aux engagements les plus réactionnaires voir plus de leur politique : éliminer les ministres dits d’ouverture qui effectivement ne servent à rien, retour vers les valeurs de la France rurale, interdiction de la burqa, …) Nicolas Sarkozy ne devrait pas faire passer en force une réforme des collectivités locales refusées par 21 régions sur 22: le comprendra t il ? Enfin, nous nous rapprochons à petits pas d’un Sénat à majorité de gauche, ce qui changerait considérablement le rapport des forces parlementaires ! C’est une victoire nette qui renforce la place de Martine Aubry à la tête du PS : son ambition pour le PS, sa stratégie d’union des gauches, sa capacité à unifier, son refus de se courber devant les grands féodaux provinciaux ont été plébiscités. Un Parti revigoré, un leadership incontestable, une stratégie claire : trois conditions pour la victoire aux présidentielles. En restent deux encore à remplir : désigner un candidat capable de gagner et ceci sans casser le parti ; créer une dynamique programmatique et militante avec les Verts ce qui ne sera pas chose simple.  Le vrai travail commence demain matin.

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