Un aspect des élections régionales qui est passé inaperçu malgré sa très grande importance, c’est la mort du PCF. Pour montrer son indépendance vis-à-vis du PS, le PCF a décidé de s’allier avec le Parti de Gauche (très confidentiel) créé il y a un an par Jean-Luc Mélenchon pour défendre une ligne souverainiste, populiste, jacobine et sociale.

couche-soleilLe PCF pensait sans doute y ajouter le NPA nettement plus structuré que le Parti de Gauche mais le NPA se décida pour une ligne autonome. L’idée était sans doute de se refaire une (petite) santé sur une ligne « de gauche » et critique envers un PS sans stratégie et englué dans ses luttes intestines. Ceci était nécessaire après la claque des présidentielles où Marie-Georges Buffet avait fait 1,9%, moitié moins que Besancenot. La suite a montré que c’était une stratégie perdante puisque c’est Mélenchon qui se servant d’un PC « marchepied »a tiré la couverture à lui, du moins en terme d’image. Résultat : moitié moins de conseillers régionaux (102 en 2010 contre 191 en 2004). La conséquence ne s’est faire attendre : cette semaine plusieurs des dirigeants du courant « refondateur » du PCF, souvent maires ou élus des derniers bastions qui restent en Seine Saint Denis ont annoncé leur départ. C’est le cas de Patrick Braouzec, député, de plusieurs maires, Pierre Zarka, ancien directeur de l’Humanité, Lucien Sève, philosophe. Le PCF est maintenant une force résiduelle, implanté localement dans certaines régions et villes mais qui n’a plus de poids national significatif. Pour moi, comme ceux de ma génération, qui a connu le PC à 25%, force intellectuelle et sociale, modèle de contre-société, membre important de l’Internationale, cela fait un choc, même si j’ai toujours combattu le communisme. Oui, les partis les plus forts peuvent mourir ! Quelles conséquences doit on en tirer ? D’abord nous devons rester modestes : nos gains sont réels mais limités (754 sièges en 2010 contre 714 en 2004). Il est vrai que nous partions de très haut. Cela est moins vrai pour la droite unie (qui partait de plus bas) et qui progresse « seulement » de 421 à 460 sièges. Ensuite, nous savons qu’il y a un électorat quasi incompressible d’extrême-gauche de 7 à 12% qui s’exprime sous des formes variées, relativement inorganisées, hostiles au PS à des degrés différents que l’on mesure par leur volonté ou non de soutien au second tour. Cet électorat viendra en grande partie vers les candidats de la gauche plurielle mais sans accord sur les propositions ni accord électoral. Il peut par contre participer aux primaires ouvertes pour désigner le candidat à l’élection présidentielle. On retrouvera une démarche du même genre du côté du centre gauche (radicaux, centristes Modem, …). C’est clairement les Verts (ils ont progressé de 159 à 263 sièges) qui ont remplacé le PC comme notre allié sur le plan électoral et, pour l’avenir, sur le plan des propositions. Sur ce dernier point, il nous faudra de la détermination et de la diplomatie à la fois parce que les Verts ne s’expriment pas d’une voix et qu’ils sont essentiellement dans le refus. Ils apporteront des idées riches sur les modes de développement, nous apporterons les nôtres sur la croissance et la redistribution. Un des points du débat est de savoir s’ils souhaitent participer à la primaire présidentielle ou pas et si cela serait une bonne chose ou non. À priori je penche pour leur participation car sinon cette primaire risque de se limiter à choisir entre 2 ou 3 candidats du PS, déjà connus. Pas très motivant et sans intérêt par rapport à notre ancienne procédure de primaire interne.

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