Le Congrès du PSE s’est tenu ce weekend à Rome. Les socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes, démocrates et progressistes européens ont entériné le choix de Martin Schulz pour mener la bataille des élections européennes et remporter la présidence de la future Commission européenne (soulignons cette innovation institutionnelle du Traité de Lisbonne qui renforce le pouvoir du Parlement). L’actuel président du Parlement européen aura la lourde tâche de redonner espoir aux européens dans l’UE.

Martin SchultzL’adoption du manifeste du PSE « Pour une nouvelle Europe » est un premier pas en ce sens. Des engagements forts sont ainsi pris pour l’emploi : garantie européenne pour la jeunesse, salaire minimum européen, révision de la directive relative aux travailleurs détachés, règles contraignantes d’égalité salariale entre hommes et femmes et lutte contre les discriminations au travail, renforcement du droit syndical et du dialogue social…

La crise financière qui a bouleversé l’Europe doit également nous amener à redessiner le cadre dans lequel les banques doivent assumer leurs responsabilités et leur rôle premier de financement de l’économie réelle. Là aussi des mesures précises sont prévues pour réguler le secteur bancaire : séparation des banques commerciales et des banques d’investissements (comme cela a été voté en France), plafonnement des bonus, introduction de la taxe sur les transactions financières, création d’une agence publique européenne de notation de crédit et parachèvement de l’Union bancaire.

La lutte contre la fraude fiscale mais aussi contre la concurrence fiscale et le dumping social doit s’intensifier pour que l’Europe trouve les ressources nécessaires à la relance de son économie. Dans cette optique, les politiques de croissance et de réindustrialisation sont d’autant plus essentielles que l’échec des politiques d’austérité est patent. Les mauvaises expériences des Troïkas doivent par ailleurs nous inciter à mettre en place un système plus démocratique, responsable, solidaire et crédible pour gérer les crises budgétaires nationales.

Enfin, à l’heure où certains gouvernements ont des velléités de repli national et veulent remettre en cause plusieurs acquis communautaires comme les accords Schengen, le texte du manifeste réaffirme que « la liberté de mouvement est un droit et un principe fondateur de l’UE ». Voilà donc quelques points importants du manifeste que vous pouvez télécharger en cliquant ici (lien vers PDF) dans son intégralité.

Avec un candidat désigné pour le poste de président de la Commission et un manifeste ambitieux pour une Europe de la croissance et une Europe sociale, les socialistes européens abordent l’élection de mai avec un train d’avance sur une droite encore sans leader et sans programme. Sachons tirer profit de cet avantage pour faire basculer le Parlement européen. Nous devons défendre notre projet pour montrer qu’une autre Europe est possible et que la tentation du repli national est un leurre qui n’apportera aucune solution aux problèmes des Français qui ne sont pas différents de ceux rencontrés par tous les européens.

Nous le savons, dans cette campagne, l’ennemi principal sera l’abstention. Elle menace particulièrement le scrutin des Français établis hors de France qui aura lieu les 24 et 25 mai. Pourtant, cette élection les concerne directement (la moitié d’entre eux sont d’ailleurs installés dans un pays de l’UE). Rattachés à la circonscription Ile-de-France, ils pourront voter pour une liste sur laquelle figure un représentant des Français de l’étranger, Antoine Varoquié, secrétaire général de la Délégation Socialiste Française au Parlement européen, installé à Bruxelles.

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