Cette semaine restera gravée dans l’histoire gambienne. Après avoir tenu tête à tout le monde, Yahya Jammeh a finalement décidé de laisser le pouvoir à son successeur. Il faut dire qu’il n’avait pas vraiment d’autre choix que celui de céder face à la pression des gouvernements du Sénégal, pays dans lequel est enclavée la Gambie, mais également de ceux des pays membres de la CEDEAO.

Avant-hier encore, des forces sénégalaises avaient pris position à la frontière gambienne et étaient prêts à la franchir à minuit si le président sortant Yahya Jammeh refusait de céder le pouvoir, avait annoncé hier le colonel Abdou Ndiaye, porte-parole de l’armée, « Nous sommes prêts et attendons l’échéance à minuit. Si aucune solution politique n’est trouvée, nous entrerons ».

Cette issue pacifique les gambiens la doivent à la médiation in extremis du président mauritanien Abdel Aziz, qui a rendu possible la prestation de serment d’Adama Barrow initialement prévue hier. Yahya Jammeh, dictateur et fier de l’être, depuis le coup d’État de 1994, dirigeait d’une main de fer cette ancienne colonie britannique et refusait de la céder à Adama Barrow, vainqueur de la présidentielle du 1er décembre, et avait décrété mardi l’état d’urgence. Il avait pourtant concédé sa défaite au sortir du scrutin avant de préciser qu’il comptait embrasser une vie de fermier.

Je salue l’action conjointement menée par les pays membres de la CEDEAO pour résoudre ce problème de passation. Ils ont vite réalisé que les discussions ne mèneraient à rien et n’ont pas hésité à user de la force pour faire plier le président déchu. Cet épisode prouve une fois de plus que les pays Africains n’ont pas systématiquement besoin de l’intervention de la France pour maintenir l’ordre.

Adama Barrow

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