Véritables maîtres de nos données personnelles, les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) commercialisent nos habitudes de navigation et goûts culturels auprès des publicitaires moyennant des bénéfices mirobolants (Facebook réalise ainsi 4 milliards de profits par trimestre). Le fait que nous leurs donnons accès à ces informations sans aucune contrepartie financière crée en ce sens une situation paradoxale.

Si certains affirment que ce « don » de nos données se justifie par la gratuité des services que ces géants du net nous procurent (Facebook et Google sont gratuits), force est de constater que la gratuité que nous recevons est bien moindre que la valeur que nous leur apportons. Afin de remédier à ce déséquilibre, plusieurs pistes ont récemment été évoquées.

Ainsi, dans une émission diffusée sur BFM TV le 14 janvier dernier, Julien Dray a émis une proposition visant à taxer les GAFA pour « constituer une dotation universelle pour chacun d’entre nous, de 50 000 euros, à l’âge de 18 ans ». Afin de légitimer cette nouvelle taxation, l’ancien député PS de l’Essonne s’est appuyé sur l’exemple du rachat de la plateforme LinkedIn par Microsoft en 2016 pour 26 milliards d’euros : « qu’est-ce qu’on vendu les propriétaires ? Ils ont vendu nos données » or « ils vous ont donné de l’argent ? » a interrogé l’actuel conseiller régional d’Ile-de-France.

Le dispositif proposé par Julien Dray, bien qu’intéressant, se heurte cependant à un obstacle majeur : la plupart de ces multinationales ne réalisent presqu’aucun chiffre d’affaires en France, profitant d’une optimisation fiscale contre laquelle les technocrates de Bruxelles essaient difficilement de légiférer.

Auteur d’un rapport publié le 25 Janvier, le think-tank libéral Génération Libre propose une autre approche permettant de monétiser nos données personnelles sans passer par la taxation. Le principe est plutôt simple : chaque utilisateur établirait « un contrat intelligent dans lequel il choisirait lui-même l’usage que l’on fait de ses datas, et le prix à payer pour chaque catégories de données ». Ces contrats seraient donc négociés sur une base individuelle, mais par l’intermédiaire d’un syndicat ou d’une société de gestion de droits d’auteurs regroupant des millions d’utilisateurs. Ceux-ci pourront choisir de dépenser de l’argent pour utiliser ces plateformes numériques tout en conservant leurs données personnelles, ou au contraire d’autoriser l’accès à ces données en l’échange d’une rémunération.

Si cette solution offre l’avantage d’un dispositif décentralisé et « sur-mesure », le défi législatif à relever pour sa mise en place est de taille : Il faudrait en effet qu’un droit de propriété sur les données personnelles des internautes soit instauré.

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