Les mauvaises nouvelles pleuvent sur la Grande Île. Il y a quelques mois, nous apprenions le projet de suppression des trois consulats de province : Majunga, Tamatave, Diégo. Le MAE, comme d’habitude, se cache derrière différents faux-fuyants : des études, des hypothèses à vérifier, des semi-mensonges.

Non à la fermeture du Lycée René CassinMais l’expérience nous a appris à ne pas nous laisser prendre à ces balivernes. La haute hiérarchie du quai d’Orsay, contrairement aux préfets qui consultent et informent les élus de leur département, n’a que mépris et condescendance pour les élus des Français de l’étranger. Ils les considèrent sans doute d’une essence moindre et comme des intrus. D’où un blocage complet de l’information, des réponses faites sur le coin du zinc – quand il y en a –. Quant à l’idée de les consulter, je pense qu’elle ne les a jamais même effleurés.

Donc suppression plus ou moins rapide des consulats de province : les Français iront faire leurs papiers, leur état-civil, etc. à Tana.

Et nous apprenons maintenant la suppression des classes de lycée de René Cassin (Fianar). Les élèves iront en internat à Tana. C’est une bien mauvaise nouvelle pour tout le sud mais, plus grave, se profile derrière la suppression des classes de lycée à Diégo ainsi que de nombreuses petites écoles qui fonctionnaient avec un enseignant français (Anbanja, Manakara, et sans doute bien d’autres).

Ce n’est pas que l’AEFE poursuive Madagascar d’une volonté de vengeance particulière. Mais elle se trouve depuis quelques semaines soumise à une obligation particulièrement inique : le plafond d’emplois. Concrètement, cela veut dire qu’elle ne peut plus recruter de nouveaux enseignants. Elle doit fonctionner avec le nombre de résidents et d’expatriés actuels. Les postes d’enseignant devront donc être redéployés, c'est-à-dire pris sur des écoles et des lycées existants. Cela veut dire qu’il n’y aura plus de croissance du système éducatif à l’étranger : cela ne sert à rien de se gargariser avec des plans stratégiques et tutti quanti. C’est fini : il faut avoir le courage de le dire. Et en particulier les lycées d’Afrique et d’Amérique latine vont être frappés au profit de ceux de la région asiatique.

J’ajoute que comme les suppressions massives de postes d’enseignants continuent an France (-16000 en 2011), il devient de plus en plus difficile de trouver un rectorat qui accepte de prêter un enseignant, même si son salaire est pris en charge par les parents. Il est donc utopique de croire que la Mission laïque pourra se substituer à l’AEFE.

C’est une affaire d’une grande gravité et sur laquelle je reviendrai, mais elle montre en tous cas que Madagascar, pour les monarques qui nous gouvernent, ne vaut pas une messe !

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Commentaires   

#2 lemmens Lucien 10-04-2013 13:58
je voudrais que l' on me dise que va devenir nos enfants FRANCAIS par leurs pere de leurs trascription que l' on attend pour ma part depuis 5 ans a cause de magouille administratif nous sommes plus de 70 enfants de parent FRancais laissé sur la touche sans reponse tout les parent sont des FRancais a part entiere et FIER d'etre Francais notre sang de nos aprents a fais notre pays LUC
#1 Cédric 16-03-2011 03:08
Encore un exemple du mutisme de nos ministères. La France se cache derrière sa grandeur passée, et ne se donne plus aucun moyen de garantir son rayonnement culturel, politique, et économique.
Alors que d'autres pays y mettent des moyens bien plus conséquents...
Quelle image de nous-même souhaitons-nous véritablement donner?