La discrimination à l’embauche, si elle tend à s’atténuer, reste une réalité dans l’Hexagone. De nombreuses actions sont conduites pour lutter contre les discriminations à l’embauche et dans l’entreprise, et pour intervenir sur tous les leviers.

MouleLe Ministère du Travail, s’est penché sur les discriminations liées à l’origine, et plus précisément l’origine maghrébine. La Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES), le bras armé du Ministère, a commandé un testing réalisé par le cabinet ISM Corum sur la période d’avril à juillet 2016, auprès de 40 sociétés comptant plus de 1000 salariés. La méthode utilisée par le cabinet n’a rien d’extraordinaire. Chaque entreprise testée a reçu deux curriculum vitae en tout point identiques, exception faite du patronyme. Le premier CV arborait un nom bien français, le second, un nom avec une résonance arabo-musulmane. Rendu public le 12 décembre, le constat, quoi que prévisible, est alarmant.

Les candidats dont le nom peut laisser supposer une origine étrangère rencontrent maintenant plus de difficultés que les autres pour accéder à un emploi. 3 000 CV ont été envoyés en réponse à 1 500 offres d’emploi de simples employés ou de managers dans 40 entreprises différentes. 12 de celles qui avaient été mises à l’épreuve à leur insu ont été prises en flagrant délit de discrimination envers les candidatures maghrébines. Chaque entreprise testée sera tenue de tirer le bilan de ses résultats et de mettre en place, le cas échéant, des mesures correctives rapides et efficaces. Je me réjouis de la mise en place de ce type de dispositif qui, avec le temps je l’espère, devrait faire évoluer les mentalités sur la discrimination à l’embauche.

Les personnes qui pensaient avoir fait l’objet d’un quelconque type de discrimination pouvaient, jusqu’à récemment, dénoncer les faits. Une plateforme en ligne destinée à recueillir les témoignages des candidats de moins de 35 ans discriminés dans leur recherche d’emploi à cause de leur origine avait été créée par le Défenseur des droits. Elle est désormais fermée. Au regard des résultats de cette étude, je propose qu'elle soit réactivée de manière permanente.

La loi prévoit qu’un employeur coupable de discrimination encourt jusqu’à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende. Mais la lutte contre les discriminations à l’embauche ne se limite pas aux sanctions prévues par la loi. Elle invite à une réflexion sur soi et sur son rapport à l’autre, afin de dépasser les stéréotypes à l’embauche en regardant les compétences d’abord. Je compte sur les entreprises épinglées pour mettre en place des mesures correctives et efficaces, dans le cas contraire, nous serons intransigeants et nous veillerons à ce qu’elles soient sanctionnées avec fermeté.

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