Je souhaite expliquer ma position par rapport à la primaire du PS. Dans un premier temps, je ne me suis pas reconnu dans les différents candidats y compris les plus connus. Il m’a semblé plus correct de l’annoncer et de dire que je me reconnaissais davantage dans la démarche d’Emmanuel Macron. Je l’ai fait suffisamment tôt pour que ce soit clair. Après 49 ans de PSU et de PS, ce n’est pas une chose facile.

Macron HamonMacron représente pour moi l’espérance dans l’avenir, dans l’innovation, dans le travail. Il a une vision forte d’une Europe dont les économies s’intégreraient autour de la zone euro.

Pour autant, je respecte la procédure du PS et je comprends le choix de celles et ceux qui ont choisi Benoit Hamon. Ma conviction profonde qu’il a peu de chances de l’emporter ne tient pas tellement à ses propositions. Je ne soutiendrais pas le revenu universel, la taxe robots et un déficit croissant mais plusieurs autres de ses propositions me paraissent bonnes, sur l’éducation, la formation, la laïcité. Même le fait d’avoir été parmi les députés qui ont souvent voté contre le gouvernement ou qui se sont souvent abstenu n’est pas le plus décisif.

Mon désaccord profond est sur la stratégie politique. La priorité la plus haute est de battre Marine Le Pen. Je ne crois à la possibilité de rassembler ce qu’on appelle l’extrême gauche, les différentes branches de l’écologie avec le PS. J’ai vécu les 5 ans de la dernière législature au Parlement et les attaques incessantes et brutales des communistes, d’une partie d’EELV contre la majorité et le gouvernement. Peut être certains écologistes sont ils prêts à effacer leur passé pour quelques circonscriptions. Cela ne ferait qu’ajouter au discrédit dans lequel l’opinion publique tient la classe politique. M. Mélenchon, lui-même élu depuis 34 ans, ne souhaite aucun accord avec le PS, au contraire. Populiste, anti européen, anti allemand, il propose de prendre 100 milliards d’euros dans les réserves de la Banque centrale européenne. Quant au PC, il a clairement indiqué qu’il ne soutiendrait pas un candidat socialiste. Il refera à ses « alliés » le coup de 1981, lorsqu’il a fait voter (sans le dire) pour Giscard.

Je pense que la seule possibilité est de créer une majorité autour des idées social démocrates avec toutes celles et tous ceux qui le souhaitent : gauche, écologistes, radicaux, centre gauche, centre, centre droit. La Gauche et la Droite, cela a un sens, celui de l’histoire et de la réalité sociale. Par contre, les débats que j’ai vécus depuis 12 ans au Sénat ont été stériles, artificiels dans la plupart des cas. Emmanuel Macron qui incarne aujourd’hui le progressisme, peut constituer cette majorité et battre Marine Le Pen au second tour.

Il existe enfin un mince espoir d’accord Hamon-Macron, soit avant le premier tour soit en tous cas au second. Je l’appelle de tous mes vœux.

TAGS:

Ajouter un Commentaire