SNCF, chômage, formation … l’exécutif est décidemment sur tous les fronts. Je salue cet élan réformateur, cette volonté marquée d’aller de l’avant pour surmonter les blocages auxquels notre pays est confronté. Chacune de ces trois grandes réformes est en effet porteuse d’avancées essentielles pour permettre à notre modèle social de faire face au monde de demain

Comme l’a mis en avant le rapport Spinetta à travers un diagnostic sévère mais juste, le système ferroviaire français n’est plus viable. Alors que la SNCF coûte de plus en plus cher au contribuable français, la qualité de ses services s’est nettement dégradée (trains retardés, infrastructures vieillissantes …). À cela s’ajoute l’explosion de sa dette, passant de 20 à 50 milliards d’euros en 20 ans. Il est ainsi temps de repenser notre modèle ferroviaire et il me semble que les propositions formulées en ce sens par le Premier Ministre lundi dernier vont dans la bonne direction.

Avec ses 30 milliards de dette, notre système d’assurance chômage doit également être réformé. Les mesures que l’exécutif souhaite mettre en œuvre à ce titre me semblent judicieuses. En plus de diminuer la précarité, la limitation du recours aux contrats courts par les entreprises au moyen d’un système de bonus-malus (plus un employeur usera des contrats courts, plus il paiera de cotisations) permettra également de réduire le déficit de l’Unédic, principal pilier du système d’assurance chômage français.

Certains feront sans doute remarquer que l’extension de l’assurance chômage pour les démissionnaires également prévu par le gouvernement va à l’encontre d’une politique de réduction du déficit. Mais l’exécutif est pleinement conscient de ce risque et c’est pourquoi ce dispositif sera soumis à un encadrement rigoureux. En effet, le montant de l’allocation sera plafonné pour ne pas alourdir les pertes de l’Unédic.

Le troisième défi majeur auquel le gouvernement va devoir faire face au cours des prochains mois est celui de la formation professionnelle. Suite à une consultation citoyenne menée le 6 février 2018 par La République en Marche, le système français de formation professionnelle a été jugé inefficace (78% des sondés ont estimé que les formations étaient inutiles car « coupées des réalités professionnelles »), illisible (60% des interrogés ne connaissaient pas leurs droits) et injuste (deux tiers des cadres ont eu accès à une formation contre un tiers des ouvriers). Il est impératif de remédier à une telle situation, d’autant plus que le dispositif existant coûte cher : 25 milliards d’euros sont ainsi investis chaque année par les pouvoirs publics et les entreprises pour la formation professionnelle. Là encore, les pistes de réforme considérées par le gouvernement incluant notamment une labellisation des organismes de formation vont dans la bonne voie.

Si les transformations envisagées par l’exécutif sont hautement nécessaires, elles restent néanmoins ambitieuses et impliquent des ajustements de taille (ex : la suppression du statut de cheminot pour les nouveaux entrants prévue dans le cadre de la réforme de la SNCF). Le risque de mouvement social tendant à bloquer ces évolutions étant de ce fait élevé, il est crucial que le gouvernement emploie la méthode de concertation ayant fait le succès de sa réforme du code du travail. Je salue en ce sens la récente intervention de la Ministre des transports, qui annonce le lancement d’une phase de dialogues approfondis de deux mois en vue d’une réforme de la SNCF par ordonnances.

Les collectivités et les partenaires sociaux sont des acteurs incontournables pour la mise en œuvre de ces trois transformations et leur rôle dans leur élaboration doit par conséquent être important. Nous pouvons en particulier compter sur la coopération de la CFDT, syndicat ayant su faire preuve de beaucoup de pragmatisme au cours de ces derniers mois.

Commentaires   

#1 charton corinne 20-03-2018 11:05
M.Yung, je trouve insupportable ces belles phrases vides pour ne pas dire l'important de la réforme relative à la sncf (pourquoi est-elle endettée, pourquoi une ouverture "obligatoire" à la concurrence, et vers quoi cette réforme nous emmène). Je ne suis pas opposée aux réformes quand elles vont dans le sens de l'intérêt commun, mission selon moi d'un gouvernement de république française. Malheureusement ce n'est pas du tout la direction prise et je ne suis pas étonnée que vous souteniez ces projets. Notre discussion à Agadir concernant votre point de vue sur "le bienfaits des différents opérateurs" (vocabulaire très commercial et libéral) d'enseignement français à l'étranger exprimait ce que nous subissons aujourd'hui... L'individualism e à tous les niveaux de la société, très regrettable et pas du tout espérant pour l'avenir.