Le Président du Conseil européen, Donald Tusk, a présenté en début de semaine une série de propositions pour un nouvel accord entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Alors que le compte à rebours est lancé jusqu’au 23 juin, date à laquelle pourrait se tenir le référendum britannique, Bruxelles se démène pour tenter de trouver une solution tant la possibilité du Brexit fait frémir. En effet, David Cameron a promis de défendre un maintien de son pays dans l’Union européenne à la seule condition que ses demandes concernant la future place que devra occuper le Royaume Uni dans une « Europe réformée » soient entendues.

BrexitAlors que dans un contexte difficile de crise économique et migratoire, l’Union européenne doit affirmer sa capacité de résilience collective, le débat britannique eurosceptique la déstabilise. En répondant aux injonctions d’une presse et d’un public europhobe pour lesquels l’Europe sera toujours trop présente et jamais assez libérale, David Cameron joue avec le feu et place l’Union européenne dans une situation intenable. En posant comme condition du maintien de son grand pays l’adoption de réformes contraignantes sur quatre volets, qui sont la compétitivité, la souveraineté, l’immigration et la gouvernance économique, il met en péril le projet européen.

L’Union européenne ne doit pas céder à ces injonctions destructrices. Le maintien du Royaume-Uni ne peut se faire au prix de l’abandon des grands principes qui fondent la solidarité européenne, notamment celui de libre circulation des personnes.

Je ne peux alors que déplorer les propositions mises sur la table par Bruxelles, même si elles résultent de la volonté de trouver un compromis viable. La mise en place d’un mécanisme de « frein d’urgence » permettant de limiter l’immigration intra-européenne, d’un « carton rouge » autorisant les parlements nationaux à bloquer certains projets législatifs de la Commission européenne, ou encore d’un nouveau pouvoir de blocage pour les États n’ayant pas adopté l’euro qui leur permettra de ralentir la prise de décision du groupe euro, ne sont pas des mesures acceptables. Avec les tensions qui s’exercent en ce moment sur l’espace Schengen et la montée des extrémismes politiques, nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de défaire ce que nous avons mis plus de 50 ans à construire.

Cette grande nation amie et alliée n’a jamais voulu participer pleinement au projet de construction européenne. Elle n’a cessé de contester toute volonté d’intégration plus poussée, ne fait ni partie de la zone euro, ni de l’espace Schengen, de l’union bancaire, et participe à peine à la politique budgétaire. Pourquoi alors déplorer sa sortie d’une Union qu’elle n’a jamais aimée ni soutenue et qui pour elle, ne devrait jamais être plus qu’une zone de libre-échange.

Certes le symbole politique d’une sortie de l’union serait un message négatif de plus pour une Europe à la peine et pourrait susciter d’autres vocations. Mais reprendre la construction d’une union toujours plus étroite avec les seuls pays qui souhaitent avancer mérite aussi considération.

Commentaires   

#3 sophie Teyssier 17-02-2016 19:00
Bonjour de Maputo
Merci de ces quelques réflexions sur un sujet qui nous touche tous, l'Europe. Nous envisagions ici à Maputo, de creuser cette question et comprendre mieux les tenants et aboutissants des positions anglaises, pour dépasser un premier réflexe d'agacement. Avez vous des textes à nous suggérer pour mieux comprendre cette question? L'Angleterre n'a jamais été 100 % européenne - en tout cas n'en donne pas l'impression- pas dans l'Euro, pas dans l'espace Schenguen, pas dans la PAC (enfin, ce qu'il en reste)... ; quelles sont ses "spécificités" déjà négociées ? quels sont ses apports à la collectivité européenne ? pourquoi pas un référendum européen sur le maintien du R.U dans l'Europe ? Merci de vos éclaircissement s
#2 Micha 17-02-2016 02:17
Le géneral Charles de GAULLE le prévoyait. Il a eu à fréquenter les Anglais de prés durant la guerre.
Il ne fallait pas laisser entrer la Grande-Bretagne dans la communauté Européenne continentale. Ils se considèrent plus proche de New York City que de Calais.
Qu'ils assument leurs contradictions ; qu'ils se mettent à dos leurs propres patrons, les Gallois, les Ecossais et "tutti quanti"... Une bonne cure d'austérité de 10 à 20 ans en dehors de l'Europe communautaire, comparable à la division de l'Allemagne pendant la guerre froide. Et on verra alors des Anglais moins arrogants et tout penauds refrapper à notre porte alors qu'ils sauront qu'ils n'auront plus la possibilité à aucun droit de véto pour nous tourner en bourrique !?
Il y a un vieux fond de stupidité et d'infantilisme chez ces anglo-saxons, surtout à la base de leur classe populaire, qu'il convient de purger sans faiblesses.
Micha.
#1 grignon 08-02-2016 08:39
Pourquoi aucune explication sur les 4 réformes demandées par le Royaume unis ?Ce serait bien d ailleurs que votre gouvernement s occupe déja des migrants européens qui causent problèmes sur les sites touristiques depuis des années et des migrants déja sur notre territoire mais vous ne faites absolument rien.