Le 5 mai dernier se tenaient des élections locales et régionales au Royaume-Uni. Ce sont 2 743 sièges de conseillers municipaux dans 124 assemblées locales, les députés des assemblées du Pays de Galles, d’Écosse et d’Irlande du Nord, ainsi que les maires de Londres, de Salford, de Bristol et de Liverpool qui ont été renouvelés.

Alors que les sondages prévoyaient une lourde défaite du Labour, parti divisé depuis l’investiture, cet été, du contesté Jeremy Corbyn, son recul n’a pas été aussi important que prévu. Il perd une vingtaine de sièges seulement, et parvient à se maintenir en Angleterre. Au Pays de Galle, il conserve la première position, même s’il perd un siège et doit faire face à la montée du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), qui obtient 13% des voix et remporte sept sièges au parlement régional.

C’est en Ecosse, territoire qui constitue pourtant un bastion historique du Labour depuis l’ère Thatcher, que ce parti enregistre un plus net recul. Le parti indépendantiste écossais, le SNP, dirigé par Nicola Sturgeon, y remporte les élections pour la troisième fois consécutive, même s’il n’obtient pas de majorité. Les conservateurs se hissent, quant à eux, en deuxième position et doublent les travaillistes, qui n’obtiennent que 24 sièges ; une première depuis 1950 !

Bien que les conservateurs se trouvent divisés sur la question du Brexit, et minés par l’impopularité du budget d’austérité, le Labour ne parvient pas à s’imposer. Ses résultats restent très décevants pour une force d’opposition.

Sadiq KhanCependant, sa défaite est loin d’être complète. À Londres, un maire travailliste a été investi après les huit ans de règne du conservateur Boris Johnson. Le député Sadiq Khan, ancien ministre des transports, a obtenu 56,8% des voix face au conservateur Zac Goldsmith, le fils du milliardaire Jimmy Goldsmith. Issu d’un milieu modeste, ce pro-européen a notamment fait campagne sur les thèmes de l’immobilier et des transports. Il a promis de geler le prix des transports en commun, dont les tarifs figurent aujourd’hui parmi les plus chers d’Europe, ainsi que d’entamer la construction de logements locatifs à prix abordables.

Premier maire de foi musulmane d’une grande capitale européenne, son rival avait pourtant essayé de l’associer au radicalisme religieux, stratégie largement décriée dans une des villes les plus cosmopolites au monde, où près de 40% des habitants sont nés à l’étranger.

C’est donc une drôle de défaite que les travaillistes ont essuyé la semaine dernière. Si, sur le plan national, ils apparaissent en position de relative faiblesse, la victoire de Sadiq Khan a fait la une de la presse européenne, et marque, selon les propres mots du nouveau maire, la victoire « de l’espoir contre la peur ».

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