Groko : Große Koalition, c’est ainsi que les Allemands appellent l’alliance parlementaire entre la droite (CDU-CSU) et la Gauche (SPD). Ce n’est pas une nouveauté outre-Rhin et elle revient avec succès car le FDP (libéral) n’a pas voulu d’une politique européenne engagée (curieux pour le parti de feu Gensher).

Première remarque : il s’agit, à mon avis, avec sagesse de ne pas courir à de nouvelles élections législatives et de permettre à l’AfD (extrême-droite) de progresser.

Deuxième remarque : le projet d’accord de gouvernement signé il y a quelques jours comprend un volet européen important avec renforcement de la zone euro, un budget européen plus fort, la création d’un fond monétaire européen, toutes mesures défendues par Emmanuel Macron.

Troisième remarque : la politique migratoire est moins engagée que ce que pouvait souhaiter Angela Merkel (droit d’asile limité à 200000, regroupement familial limité).
C’est le prix du soutien de la CSU bavaroise dont on connaît le caractère réactionnaire.

Sans doute les mêmes qui, en France, poussent des cris de vierges effarouchées devant le gouvernement Édouard Philippe, et ricanent devant le « et droite et gauche », auront à cœur d’adresser les mêmes sarcasmes à l’Allemagne. Cela sera aussi faux qu’en France, montrant leur incompréhension de la société actuelle. Nous verrons bientôt, au moment du Congrès du SPD le 21 janvier, puis du vote de ratification par l’ensemble des adhérents, quel accueil ils font à cet accord.

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