Le 10 juillet, j’ai participé à un séminaire socialiste sur les questions européennes. Réunissant des députés, des sénateurs et des eurodéputés, cette rencontre a été l’occasion de tirer les enseignements des dernières élections européennes, de débattre de la réorientation de l’UE et de définir une méthode de travail.

Nous avons étés accueillis par le président du groupe socialiste de l’Assemblée nationale, Bruno Le Roux, qui nous a appelés à « être fidèles au message que nous avons adressé aux Français lors de la campagne pour les élections européennes ».

Le président de la commission des affaires européennes du Sénat, Simon Sutour, a notamment souligné la nécessité de « développer et affiner le dialogue entre les trois groupes » parlementaires.

Considérant que la seconde moitié du quinquennat sera axée autour des questions européennes, le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a proposé l’élaboration d’une « charte commune de combat » (« nos idées sont en train de progresser »).

La présidente de la délégation socialiste française au Parlement européen, Pervenche Berès, a dressé le bilan du scrutin du 22-25 mai. Elle a attiré notre attention sur le fait que « la famille sociale-démocrate a enregistré de bons résultats à l’échelle européenne » (le groupe S&D n’a perdu que cinq sièges). Selon elle, « le tripartisme au niveau européen est installé ».

Pour ma part, j’ai introduit un débat sur les priorités pour la période 2014-2019. À mon sens, il convient de se concentrer sur quelques projets : 1) recréer un cadre économique et financier européen propice à une croissance durable, équilibrée et riche en emplois (parachever la régulation du secteur bancaire et financier afin de le mettre au service de l’économie réelle ; concentrer les investissements sur des secteurs prioritaires ; trouver de nouveaux canaux de financement ; doter la zone euro d’une capacité budgétaire propre ; etc.), 2) relancer l’Europe sociale (le « non papier » franco-allemand, publié en février 2013, constitue une bonne base de travail pour renforcer la dimension sociale de l’UE ; il faudra sans doute avancer dans le cadre de coopérations renforcées) et 3) développer une nouvelle approche européenne des migrations (nous devons être prêts à mener la bataille idéologique avec la droite et l’extrême droite).

Enfin, le député de la 4ème circonscription des Français établis hors de France (Benelux), Philip Cordery, est intervenu sur le renforcement de la coordination entre les parlementaires nationaux et les eurodéputés: les parlementaires socialistes se réuniront une fois par trimestre ; les responsables des questions européennes au Sénat et à l’Assemblée se réuniront chaque mois avec les eurodéputés pour synchroniser les agendas et assurer la coordination thématique ; le travail réalisé par les sociaux-démocrates européens sera mieux valorisé, au moyen d’une lettre d’information européenne (« beaucoup de choses ont été faites depuis deux ans pour la réorientation de l’Europe sans que cela ne soit identifié par les Français ») ; des initiatives seront prises pour renforcer l’influence des parlementaires français.

Vous trouverez, ci-dessous, la dépêche AFP qui a été publiée suite à cette rencontre très fructueuse.


UE: travail conjoint des parlementaires PS nationaux et européens après le "choc du 25 mai"

Paris, 10 juillet 2014 (AFP) - 14h55 heure de Paris - Députés, sénateurs et eurodéputés socialistes se sont réunis jeudi matin à l'Assemblée pour enclencher un travail en commun sur l'Europe, plus que jamais nécessaire après le "choc" des européennes, ont indiqué leurs représentants.

Le "choc du 25 mai", qui a vu les europhobes sortir renforcés des élections européennes, a montré "l'urgence" d'un tel travail conjoint, qui se faisait jusqu'alors de façon "trop institutionnelle", a déclaré lors d'une conférence de presse le patron des députés PS, Bruno Le Roux.

Pour ce proche du président de la République, il faut "mettre l'Europe comme un fil rouge à tout ce que nous faisons". "Comme pays fondateur de l'Union européenne, nous avons une responsabilité pour que le rapport à l'Europe soit modifié", a expliqué Pervenche Bérès, présidente de la délégation socialiste française au Parlement européen.

Les parlementaires se retrouveront une fois par trimestre, leurs responsables une fois par mois et une "lettre européenne" sera publiée, a précisé Philip Cordery, député PS des Français de Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg, et secrétaire national à l'Europe au sein du Parti socialiste.

Ce travail se fera "en liaison avec l'exécutif", a ajouté Simon Sutour, président de la commission des Affaires européennes au Sénat.

"L'Europe, l'une des questions majeures du quinquennat", a tweeté Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, qui participait à cette réunion. "Pour réorienter à Bruxelles, il faut être unis à Strasbourg, unis entre les parlementaires socialistes européens et en France, mais aussi entre ces derniers et l'exécutif. La réorientation est mûre, saisissons-là!" a ajouté cet ancien secrétaire national du PS à l'Europe et aux relations internationales.