PARIS, 8 déc 2011 (AFP) - Les sénateurs socialistes des Français de l'étranger ont dénoncé jeudi "une véritable entreprise de démolition de RFI", s'interrogeant sur la "précipitation" des dirigeants de l'Audiovisuel extérieur de la France, dont Alain de Pouzilhac, à engager une fusion entre RFI et l'AEF.

Parlant de "véritable entreprise de démolition de RFI", ils soulignent que "sourd aux multiples demandes de suspension du projet, le conseil d'administration de l'Audiovisuel extérieur de la France (AEF) a voté, il y a quelques jours, la fusion juridique de RFI, Monte Carlo Doualiya et France 24".

Convaincus que le Pdg de l'AEF, Alain de Pouzilhac, a décidé de "passer en force", ces quatre sénateurs se demandent, dans un communiqué, "pourquoi cette précipitation alors même que la justice doit se prononcer le 16 janvier 2012 sur la validité des procédures de fusion" et que "le climat social à AEF est délétère depuis de nombreux mois", donc "guère propice à un tel rapprochement".

"Le nouveau directeur général délégué de la Holding, successeur de Christine Ockrent, Pierre Hanotaux, semblait pourtant en avoir pleinement conscience quand il assurait, il y a quelques semaines que +cette fusion RFI-France 24 ne se fera pas sans l'adhésion du personnel+", jugent-ils, en soulignant que le référendum organisé lundi montre "sans aucune ambiguïté l'opposition de l'immense majorité des salariés de RFI (94,42%) à la fusion".

"Mais cette opération, assortie du déménagement de RFI et d'un nouveau plan social, semble bien être le +grand oeuvre de AEF+, qu'il entend mener coûte que coûte et au plus vite", déplorent Claudine Lepage, Hélène Conway, Jean-Yves Leconte et Richard Yung.

Les syndicats de RFI craignent que le projet de fusion avec France 24 n'entraîne la fin de l'indépendance éditoriale de la radio, voire "sa mort", des inquiétudes que la direction réfute.