Ce consensus européen, voire mondial, en faveur de la rigueur et de l’austérité est surprenant.

Ce n’est pas parce que nous sommes 27 à faire la même politique qu’elle en devient pour autant vraie. L’histoire nous a appris que les gouvernements sont souvent comme les rats qui suivent le flutiste d’Hamelin : ils se précipitent dans la mer avec délectation, à condition de le faire ensemble.

Toujours la Grèce, car c’est une question de toute première importance. Je nuance mon propos du 1er mai. L’Allemagne a fini par accepter le plan d’aide européen à la Grèce. Peu importe qu’elle l’ait fait contrainte et forcée car il n’y avait pas d’autres alternatives que la catastrophe et la ruine.

À Munich depuis hier. Comme chaque année, nous nous réunissons autour de ce grand peintre révolutionnaire qu’a été Kandinsky, le fondateur de l’expressionisme et du Bauhaus. Auparavant, nous participons à la grande réunion des syndicats et du SPD sur la Marienplatz. On peut certes regretter la politique antisociale mise en œuvre par Gerhard Schroeder mais le SPD et le DGB restent les piliers de la gauche en Allemagne contre la droite.

Voilà une question qui va nous occuper puisque nous aurons, selon toute vraisemblance, à voter bientôt un projet de loi d’interdiction « totale ». Cette expression veut dire « dans des lieux publics ». En privé, chacune s’habille comme elle veut et de plus, c’est précisément chez elles que les porteuses de burqa ou de niqab l’enlèvent, sauf, horreur, présence d’un homme qui ne serait pas le mari ! Lieux publics, cela veut dire rue, passage, tout commerce, service, mais aussi administration de toute nature, toute réunion associative, sport, école, université, transport public, ...

La question de savoir si nous devons maintenir des représentants des Français à l’étranger s’est transformé en un débat – tout aussi intéressant et plus important – sur ce que veut dire être Français à l’étranger. On peut penser que si nous militons au PS à l’étranger, c’est que nous voulons rester en relation avec la vie politique française et garder une identité française forte.

Cette affaire du volcan islandais est décidément pleine d’enseignements. Ces Islandais (300000 habitants) ont refusé pendant 50 ans de rejoindre l’Europe à cause de leur fierté nationale (le plus vieux parlement du monde, une langue terrible), parce qu’ils étaient très prospères et, comme les Norvégiens, ne voulaient partager ni les harengs ni les saunas. Entretemps, la crise financière est passée par là et ils ont été complètement ruinés, y compris l’État.

Le débat sur l’identité nationale repart mais en mode mineur. On est plutôt dans le style colloque avec professeurs d’université, chercheurs, ... donc politiquement plus propre, plus présentable, avec moins de dérapages limites. Fadela Amara dans une interview au Parisien libéré dit : « il est bon de savoir ce qui fait qu’on est Français, y compris pour moi qui fait le ramadan tout en siégeant au conseil des ministres ». Je ne partage pas ce sentiment car je pense que le ressenti « être Français » est essentiellement subjectif, défini par chacun en fonction de toute son éducation, histoire personnelle, culture, ...

Le vendredi 9 avril, j’ai participé à la célébration des 20 ans de l’AEFE au Palais des Congrès, porte Maillot. C’est une célébration légitime car l’Agence est une réussite remarquable : elle scolarise dans des conditions de haute qualité plus de 240 000 élèves dont 60% de non français. Elle remplit donc sa fonction vis à vis des jeunes Français mais représente aussi un outil remarquable de diplomatie culturelle et d’action pour la francophonie.